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mardi 6 juillet 2021

Young Royals - Saison 1 (2021)



Le 1er juillet a débarqué sur Netflix Young Royals, séries suédoise en 6 épisodes. Moins de promotion que ses concurrentes américaines, pourtant elle a déjà fait chavirer bien des cœurs en à peine un weekend. Souvent comparée à Élite et Gossip Girl, uniformes et gosses de riche oblige, la comparaison s'arrête là.

Young Royals se veut plus authentique, très axé sur les émotions, les sentiments, la découverte de soi, de ses désirs et sa sexualité. La royauté est une toile de fond qui sert de prétexte dramatique au terrible choix que devra faire notre héro : le devoir ou l'amour? Okay, c'est hyper cliché, mais moi je suis complètement vendue à la cause. Wilhelm et Simon sont tellement doux et touchants que j'ai senti mon cœur se liquéfier bien des fois.

Après avoir fait la une de la presse à scandale, Wilhelm, prince de Suède, est envoyé dans la prestigieuse écolé d'Hillerska où tous les membres de sa famille ont fait leur scolarité. 
Le jour de son entrée, alors que son nom est sur toutes les lèvres, c'est Simon qui va attirer son attention, un élève boursier à la voix angélique mis de côté par ses pairs.

Il n'est pas question QUE de leur romance, puisqu'on va aussi évoquer relations toxiques, pression familiale, conduites à risque, pornodivulgation, outing, deuil... Mais il est aussi question d'amour et d'amitié avec de superbes relations qui naissent malgré le prétendu obstacle des classes sociales et la bienveillance de certains personnages qui vont prendre des risques pour le bien de ceux auxquels ils tiennent.
Une jeune femme se définie comme "Asperger", je serai curieuse de savoir ce que pensent les personnes concernées de la représentation que l'actrice en offre.




J'ai particulièrement apprécié que la plupart des acteurs aient vraiment l'air d'adolescents, ils font jeunes, certains ont de l’acné, ils ne sont pas tous bodybuildés comme c'est si souvent le cas. Ça ajoute une certaine crédibilité à cette série en plus de l'indéniable alchimie qui existe entre les deux acteurs principaux. Ajoutez à cela que, certes, on parle de sexe, mais on n'enchaîne pas les parties de jambes en l'air pour combler les vides. Ça fait du bien.

Bon. Vous l'aurez compris, je suis conquise, j'ai vraiment adoré, j'ai super hâte d'avoir la suite et je commence à me dire que les séries nordiques sont faites pour moi... (coucou Love & Anarchy!).

mercredi 24 mars 2021

Ginny & Georgia - Saison 1 (2021)


Bon, okay, c'est dit : j'ai a-do-ré.
"Ginny & Georgia" est une série créée par Sarah Lampert pour Netflix qui compte actuellement une saison de 10 épisodes.

Georgia vient s'installer à Wellsbury avec ses enfants, Ginny et Austen, suite au décès de son mari dont elle est l'unique héritière de sa fortune. On alterne entre événements du présents et flashback qui révèlent des éléments du passé de Georgia qui s'est retrouvée mère à 15 ans et a dû se battre pour s'en sortir.

Ce qui m'a énormément plu dans cette histoire, ce sont les personnages que j'ai trouvé variés et extrêmement bien construits, sans manichéisme.
À aucun moment on n'essaie de trouver d'excuse à Georgia. Elle a fait ce qu'elle devait pour s'en sortir le moment venu, quels que soient les moyens employés, aussi discutables et illégaux soient-ils, et rien ne peut l'empêcher de parvenir à ses fins.

Ginny m'a souvent exaspérée et en même temps j'ai trouvé que c'était un excellent personnage : brillante, passionnée, impulsive, révoltée envers la société, sa mère et elle-même, débordante d'amour pour sa famille et ses amis malgré ses insécurités permanentes (et elle se révèlera aussi bien des fois carrément problématique).

Mais clairement, mon cœur a complètement chaviré pour les jumeaux, Marcus et Maxine, qui vont être les deux êtres auxquels Ginny va le plus s'attacher et qui vont lui rendre cette affection au centuple, avec leur maladresse et les inévitables malentendus de la vie. Maxine est une jeune femme qu'on pourrait qualifier d'excentrique mais elle est surtout terriblement attachante et d'une authenticité inouïe. Marcus est presque son opposé, à garder tout pour lui, et malgré mes réticences à son égard au début j'ai bien fini par me laisser séduire (on en parle de ce regard, là?).

Bref, un sans faute pour moi malgré un dernier épisode légèrement en dessous des autres à mon sens, la faute à des réactions que j'ai trouvé complètement excessives de la part de certains personnages face aux différentes révélations qui ont lieu (sauf Ginny qui, pour une fois, me semble assez posée et réfléchie dans ses décisions).

Cette série, malgré son côté un brin WTF osé aborder sans détour pas mal de problématiques adolescentes avec beaucoup de justesse, comme les premiers rapports sexuels (en passant par le plaisir, la contraception...), les comportements à risque, la santé mentale (attention, il est question de dépression, idées suicidaires et automutilation), le besoin de trouver sa place au sein d'un groupe social... avec ces moments durant lesquels Ginny et Hunter parlent de leur confrontation personnelle au racisme qu'ils subissent, un élément qu'ils partagent et à la fois qui les opposent.

Le personnage d'Abby est assez mystérieux et complexe dans son rapport à son propre corps mais aussi dans sa relation aux autres, j'espère qu'on en apprendra plus sur elle par la suite car son ambivalence m'a pas mal perturbée.

Bref... j'ai réussi à vous en parler sans vous spoiler. Il y a beaucoup de personnages secondaires que j'ai beaucoup aimé comme Ellen, Zion, Paul et Joe mais je n'aurais jamais la place pour en parler !

En somme, une série à mi-chemin entre la love story pour ado et le thriller qui a su m'émouvoir (okay, il en faut pas beaucoup) et me faire rire (je plaide coupable là aussi) mais aussi me surprendre. Je m'attendais à une pâle copie de "Gilmore Girls", j'étais bien loin du compte !

Connaissez-vous "Ginny & Georgia"?
Cette série vous tente?
Quelle est votre série du moment?


samedi 4 janvier 2020

Anne with an "E" - Saison 3 (2019)


Saison 3 - 10 épisodes
CBC Television (Canada)
Netflix (international)

Il y a quelques instants à peine, j'ai terminé le dernier épisode de la saison 3 de Anne with an "E", cette série coup de foudre dont l'interruption a choqué tous les fans par son annonce abrupte et inattendue.

Anne with an "E" est une série canadienne adaptée d'une saga de romans écrits par Lucy Maud Montgomery dont le premier des 10 volumes parus entre 1908 et 1920 avait pour titre Anne... la maison aux pignons verts.

J'avais tant espéré que la série durerait encore bon nombre de saisons puisque les romans suivent la vie de notre héroïne bien après qu'elle ait atteint l'âge adulte, et je compte de ce fait m'y plonger tant ma peine de quitter ces personnages est grande.

En effet, la première fois que je me suis lancée dans Anne with an "E", je n'avais aucun doute sur le fait qu'elle allait me plaire mais... à ce point? Certainement pas!

Cette oeuvre est un véritable régal de bout de bout, elle réuni tous les ingrédients que je souhaite trouver dans un récit, qu'il soit littéraire ou cinématographique. Ainsi, l'amour est omniprésent, de magnifiques amitiés se créent, les valeurs qui me sont chères sont défendues et tout cela est soutenu par une héroïne intrépide, passionnée, le cœur empli de rêves et résolument féministe.

Car en cette fin de XIXème siècle, les créateurs ont osé mettre les pieds dans le plat en causant sans détour sexisme, racisme et homophobie. C'est la spontanéité d'Anne qui l'amène à se révolter contre la bienséance et toutes ces règles sociales adoptées par les habitants d'Avonlea, sans remise en question de celles-ci. 


Ajouté à cela, la saison 3 introduit dans l'histoire une famille d'autochtones dont certains membres se lient d'amitié avec Anne. Cet arc de l'histoire se révèle extrêmement douloureux car il révèle des aspects méconnus de l'histoire (pour moi tout du moins), notamment lorsqu'une jeune fille voit son identité et ses origines bafouées par la maltraitance occasionnée dans les pensionnats du gouvernement instaurés pour soit-disant améliorer l'avenir des enfants issus de familles autochtones. L'absence de conclusion à cette partie précise de l'histoire est un gros point noir dans cette saison 3 et montre combien l'interruption de la série n'était pas anticipée.

Si l'on arrive à occulter ces éléments, il est possible de se consoler par la qualité de cette saison 3 dans son ensemble, plus riche et trépidante que je n'aurais pu l'espérer! C'était beau, fort, émouvant et exaltant de bout en bout.
Anne est devenue pour moi l'un des plus beaux personnages féminins qu'il m'ait été donné de croiser, je pense bien évidemment à ma chère Demelza (Poldark) qui elle aussi a suscité en moi énormément d’admiration.

Mon cœur saigne de ces adieux que je n'aurais pas imaginé aussi rapides, mais chaque pensée pour Anne with an "E" sera une pensée de joie et elle restera à jamais l'une des histoires les plus précieuses qu'il m'aura été donné de voir.

Sur ce, je vous souhaite une belle soirée et le bonheur de vous plonger dans de merveilleuses histoires...

mardi 17 juillet 2018

13 Reasons Why - Saison 2 (2018)


THIRTEEN REASONS WHY
Netflix
Saison 2 - 2018
13 épisodes

Vous voyez, cette fraction de seconde durant laquelle vous vous dites qu'une barrière vient d'être franchie. Que ce qui a été fait n'était pas nécessaire. Que vouloir bien faire ne suffit pas toujours.
Eh bien c'est ce que j'ai ressenti en visionnant cette seconde saison.

Non. Je ne dit pas que TOUT est à jeter. Je dis juste que cette saison était la saison de trop. Quand bien même s'agissait-il seulement de la seconde. Mais là, en plus de nous proposer de la pure redite, les créateurs ont voulu surenchérir.
Okay, c'est bien de dénoncer des injustices, de les porter à l'écran, de nous rappeler combien la vie est montreuse, cruelle et sans issue pour certains. Encore, s'il y avait une issue. Mais non, on nous indique de composer un numéro. Ce n'est pas inutile, loin de là, mais ce n'est pas non plus suffisant.

Donc voilà la saison 2 de Thirteen Reasons Why : nos 13 faces de K7 audio se retrouvent au tribunal, à témoigner lors d'un procès qui déterminera la responsabilité du lycée où se rendait Hannah durant les quelques mois précédant son suicide. Sur le principe, c'était sacrément pertinent de passer d'une saison qui présentait le point de vue d'Hannah à une autre dans laquelle on découvrait celui des personnes responsables de sa mort. Malheureusement, ce procédé avait tout de même été disséminé ici et là au cours des 13 tout premiers épisodes permettant ainsi d'en savoir bien plus que cela n'avait été le cas dans le roman. Le spectateur était alors en mesure d'éprouver une certaine sympathie pour ces lycéens perdus, rongés par les remords.

On en apprend "plus", car il s'agit véritablement d’éléments créés de toute pièce par les scénaristes - comme cette suite n'est ici pas adaptée d'un roman - sur ces personnages, cela visiblement pour mieux comprendre leurs agissements. Pour certains, un passé sorti de derrière les fagots arrive comme un cheveu sur la soupe et rend le tout complètement absurde et incohérent (même si quelques pirouettes scénaristiques tendent à faire comme si de rien n'était). Pour d'autres, ces révélations ont clairement pour vocations de justifier voire légitimer certaines de leurs actions ou au moins les expliquer, leur donner un sens et montrer au spectateur que lui aussi, dans de pareilles circonstances, il aurait agit de la sorte. Après tout, la si parfaite Hannah n'était pas si parfaite que cela, n'est-ce pas? On nous le montre bien? Elle baisserait presque dans notre estime, non?

Il semble que tout le monde ait une dette envers tout le monde dans cette histoire, c'est dingue! Il en faut sacrément, des arguments, pour que certains se sortent ________ du fauteuil et agissent pour défendre ce qui leur semble juste! Que ce ne soit pas simple pour tous, d'accord, mais il se sont vraiment passé le mot dans ce lycée.

D'autres éléments m'ont particulièrement irritée. Comme le fait que certains personnages insistent, harcèlent voire obligent quelqu'un à témoigner. Le pire, c'est que ce n'est pas pour venir en aide à la personne elle-même (vaste hypocrisie soyons honnête...) mais encore et toujours pour Hannah. Parce que Clay a beau être droit, gentil, honnête et tout ce qu'on voudra, il voue à Hannah une véritable obsession (liée à sa culpabilité), et cela le pourri et détruit tout autour de lui.

En soi, cette saison me semblait jusqu'alors répétitive, un brin ennuyeuse et plutôt décevante.

C'est ainsi qu'on nous offre une scène de torture particulièrement violente, choquante et complètement gratuite afin que l'on comprenne mieux les actes qui seront ensuite commis par l'un des personnages. Car oui, selon le réalisateur, il fallait une scène scène réaliste et dure pour que le spectateur ressente de l'empathie pour ce personnage qui, jusqu'à présent, n'était apparemment apprécié.

Donc ça marche comme ça maintenant?
On doit violer et mutiler les gens pour qu'ils gagnent des points et que le public ressente de l'empathie, sérieusement?

De l'ennui je suis passée à la colère. Je me suis sentie trahie. Trahie par cette production qui se vente de prévenir et dénoncer la violence subie au quotidien par des millions de personnes sur Terre. Pourtant, cette série n'offre rien. Pas d’échappatoire, d'alternative, de solution possible, d'aide...
Cette série délivre un message : la monde est injuste et cruel, on nait seul et on meurt seul. Des gens nous aime mais ce n'est pas suffisant. Si vous souffrez, rien n'y fera, personne ne vous sauvera.

Beaucoup ont été choqués par cette fin. Les ripostes aux commentaires sur internet ont été violente (c'est bien, visiblement les gens ont été sensibles au message que semblent vouloir délivrer les studios!), prétendant que c'était le monde réel et qu'il fallait cesser de vivre chez les Bisounours.

Un mot à tous ceux-là : je SAIS que le monde est cruel. Violent. Monstrueux, même. Sans pitié. Cela ne m'empêche pas d'être quotidiennement choquée par ce qui s'y passe, par les horreurs perpétrées par l'Homme. Je n'ai pas besoin de voir de mes yeux la violence pour qu'elle me touche, pour que j'aie conscience de son existence.
Pourtant je sais que ce monde, aussi détruit soit-il, cache sous ses cendres les plus belles des merveilles. Le courage, la résilience, le pardon, l'espoir, la solidarité et l'amour. C'est en s'accrochant à tout ça, en continuant à y croire qu'un avenir meilleur peut-être envisagé.
Alors par pitié, arrêtez de nous montrer des séries qui ne montrent que le pire de notre espèce, en égrenant quelques belles choses de la vie avant de les piétiner plus encore après (comme vous l'avez fait sans vergogne lors des dernières minutes du dernier épisode...).
Je ne pense pas que cela aide qui que ce soit.
Mais cela reste mon avis.

Alors s'il te plait, cher lecteur, excuse-moi pour cette colère que je n'ai pas pu contenir même plus d'un mois après avoir vu cet épisode. J'ai fait de mon mieux. Mais si tu le peux fais-moi part de ton avis avec bienveillance et je le lirai avec plaisir.

mercredi 10 janvier 2018

The End of the F***ing World - Saison 1 (2017)


Saison 1 - 8 épisodes (20 minutes)
Channel 4 & Netflix

James (Alex Lawther), 17 ans, est un psychopathe. Du moins, c'est ce qu'il en a déduit après des années à tuer des animaux sans ressentir la moindre émotion avant de décider qu'il était temps pour lui de s'attaquer à quelque chose de plus gros. 
De son côté, Alyssa (Jessica Barden) est une adolescente qui dit ce qu'elle pense, sans le moindre filtre, et ne supporte pas plus ses camarades de classe que sa famille. Elle décide de se lier à quelqu'un d'aussi inadapté qu'elle et jette ainsi son dévolu sur James. Pour ce dernier, l'évidence se présente d'elle-même : Alyssa sera sa prochaine victime.

Dès le départ on pourra penser que TEOTFW est une énième série nihiliste avec des personnages sans foi ni loi dont l'unique but est de critiquer la société de manière intransigeante et pourtant, il n'en est rien. James et Alyssa sont deux gosses paumés qui cherchent seulement un but dans leur vie, une raison de subsister dans ce monde dont le sens même leur échappe tant il est dépourvu de toute saveur.
Ils mènent la vie qu'ils souhaitaient sans le moindre compte à rendre à ces adultes qui n'ont fait que les décevoir. D'une péripétie à l'autre, nos héros changent et se découvrent.

La tournure que prend la série la rend plus surprenante encore suite à un évènement inattendu qui va radicalement changer les projets d'Alyssa et James. Elle détonne par l'évolution de leur relation, si particulière, si touchante, si décalée, si évidente. C'est beau et déchirant, souvent bizarre voire dérangeant, mais toujours parfaitement excellent. Le ton est cynique, parfois carrément outrancier et pourtant il est impossible de passer à côté de la poésie que dégage cette œuvre totalement hors du commun. Nos héros, avant d'entamer leur aventure, souffrent de ne presque rien ressentir et pourtant ce sont des émotions brutes que nous fait éprouver cette série.


Car Alyssa et James sont pris de court, ils ne pouvaient pas s'imaginer l'importance qu'ils finiraient par avoir l'un pour l'autre, au début ils avaient juste besoin l'un de l'autre afin de ne pas être seul, et pourtant...
TEOTFW a beau être une production réservée au petit écran, il faut admettre qu'elle nous offre un pur moment de cinéma, un road-movie dont le couple star rappelle sans mal les inoubliables Bonnie & Clide, le tout servit par une bande son entêtante que l'on ne veut plus quitter une fois les dernière minutes visionnées. Le petit changement de look imprévu ne pourra que rappeler aux fans de Tony Scott les deux inoubliables Clarence et Alabama Worley de True Romance (désolée, j'étais obligée d'en parler >.<).

Je n'en dirai pas plus! TEOTFW a fait un sacré buzz et n'a cueilli que des éloges pourtant elle en décevra forcément d'autres aussi faites vous votre propre opinion et venez la partager avec moi, je serai ravie de connaître vos arguments. Pour ma part, je prie le ciel et l'univers tout entier des séries TV pour que nous ayons un jour une suite digne de ce nom et jusque là je me retire dans mon antre avec le soundtrack de la série dans la tête...

mercredi 8 novembre 2017

Love Everlasting (2016) - Rob Diamond



Start : Bridger Jenkins et sa mère ont fuit leur passé, roulant vers la mer qu'il n'a jamais vue en vraie. Leur véhicule les lâche en cours de route et ils rencontrent Will, un homme honnête et généreux qui leur offre un toit et la possibilité de vivre le temps de reprendre la route. La fille de Will, Clover, est une jeune fille que la vie n'a pas épargné. Pourtant, elle s'ouvre à Bridget qui n'a rien à voir avec les autres garçons qu'elle a pu connaître avant...

Mon avis : J'ai aimé ce film autant que je lui en veux. Les thématiques abordées ici sont des plus intéressantes, surtout lorsqu'on les intègre de manière judicieuse à une belle histoire d'amour. Il est question de cicatrices, celles du corps et de l'âme. Bridger et Clover portent les deux. Nos deux héros meurtris vont surmonter les obstacles grâce à l'amour qu'ils vont mutuellement s'inspirer. Cela aurait pu donner un excellent film s'il n'avait pas été victime d'une réalisation un peu plate, fade et d'un scénario laissant cette triste impression "bâclée". Parce que tout n'est pas une question de durée, c'est certain, mais 1h26 pour un film censé se dérouler sur plusieurs mois et durant lesquels se développe une relation passant de la sympathie, à l'amitié, la tendresse et l'amour fou c'est un brin court. Donc oui, je suis déçue. Déçue parce que je m'attendais à une petite histoire d'amour sans prétention, sans prise de tête, durant laquelle je pourrais déguster tranquillement mes sandwichs. Finalement, j'ai été confrontée à une histoire bien plus profonde et intéressant qui finalement n'est pas pleinement exploitée et quel dommage! Bon, je vous épargne mon opinion sur cette fin. CETTE fin. Qui m'a tout simplement jetée au désespoir. 

Spoilers Quelques détails aussi qui m'ont légèrement agacée, à savoir l'actrice interprétant Clover qui fait tout un tas de grimaces en parlant pour montrer qu'elle est gênée. Oui, certains le font certainement dans la réalité, mais dans le film je n'ai parfois vu QUE ça. Ça et ses cicatrices pour lesquelles ont fait tout un plat alors qu'elles sont peu visibles. Certes, il est question de son vécu, de sa douleur etc. mais l'impact sur le physique est tellement mis en avant que ça donne une impression d'inachevé. Je ne pense pas qu'il ne s'agisse que de moi, les cicatrices sont souvent atténuées pour les personnages principaux dont le potentiel glamour est essentiel, je prends pour exemple au hasard ce cher Joffrey de Peyrac ou ce malheureux Fantôme de l'Opéra, tous les deux défigurés mais carrément séduisants au cinéma. Donc en effet, lorsqu'on nous décrit une cicatrice suite à un impact de coup de fusil je m'attendais à autre chose de plus parlant. 

Bilan des courses : encore un film avec beaucoup de potentiel qui m'a laissée sur ma faim, mais qui montre que les petite production n'ayant pas bénéficié d'une grosse promotion peuvent aussi valoir le coup, qu'on peut faire de chouettes découvertes dans le monde du direct to DVD, quoique maintenant il s'agit plutôt du direct to Netflix ou encore du téléchargement Amazon. N'hésitez pas à jeter un coup d’œil à ce film dont le rôle principal vaut quand même le détour, interprété par un jeune mannequin d'aujourd'hui 19 ans qui verra peut-être sa carrière ciné monter dans les années à venir.

mercredi 18 octobre 2017

Stranger Things - Saison 1 (2016)


Saison 1 - 2016
8 épisodes

Once upon a time in the Indiana...
A Hawkins, en 1983 dans l'Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d'amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre "11" sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…
... stranger things happen.
La série que je voulais absolument voir après avoir été happée par le terrifiant Ça. Un groupe de gamins impopulaires dans les années 80 qui partent à la recherche de leur copain disparu, c'est l'un des schéma maintes fois utilisés que je préfère, ça ouvre la voie à tellement de possibilités et toujours le bonheur de glisser des références de l'époque à tire-larigo! Stranger Things ne se contente pas de sortir ledit schéma de derrière les fagots, il l'exploite à merveille et en tire le meilleur. 
Outre nos trois gosses adeptes de fantasy, on fait la connaissance de leur famille en passant par leurs frère et sœur ainsi que leurs parent, le shérif ou encore le prof qui se retrouvent impliqués dans cette histoire mystérieuse et terrifiante...


Que dire de 11? J'ai adoré son personnage doux et meurtris, confronté à de nouvelles relations qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de développer, des sentiments qu'elle n'avait jamais pu éprouver. Elle se montre tellement courageuse, déterminée et protectrice envers ses nouveaux amis. Parmi eux, c'est bien évidemment Mike que j'ai préféré, il est si touchant!
Le rythme de ces huit épisodes permet de tenir le spectateur en alerte, de disséminer de nouvelles révélations à chaque tournant et d'en apprendre chaque fois un peu plus sur cet univers incroyable que l'on découvre en même temps que nos héros.
Et cette bande-son, quelle merveille! Elle colle parfaitement avec cette ambiance mi réconfortante mi inquiétante qui donne envie de visionner Stranger Things au chaud sous la couette.
Juste une chose, avant que j'oublie... quelqu'un a remarqué l'affiche de Dark Crystal dans la chambre de Mike Wheeler?



I'll be back
(la saison 2 arrive la 27 octobre !!!)

mardi 22 août 2017

Atypical - Saison 1 (2017)


Saison 1 - 8 épisodes
Netflix

Sam a dix-huit ans. 
Il fréquente le même lycée que sa petite sœur, Casey. 
Il prend de la distance avec sa mère, Elsa,
pour se rapprocher de son père, Doug.
Il voit régulièrement sa psychothérapeute, Julia.  
Il se questionne continuellement sur la vie, et aujourd'hui, sur l'amour. 
Il souhaite une petite amie. 
Il est atteint d'autisme.

Netflix, après avoir abordé des sujets compliqué et tabous tels que la dépression, le suicide puis l'anorexie s'attaque à une autre problématique qui va faire du bruit. Cette fois néanmoins, il risque d'y avoir moins d'attaque à l'encontre de la chaîne quant à sa production car ici, on risque moins de conséquences désastreuses. Si l'on peut l'accuser (à tord ou à raison) de faire l'apologie du suicide ou de l'anorexie, difficile de porter les mêmes reproches quant à l'autisme.

Reconnu par l'ONU comme un handicap, l'autisme, ou trouble du spectre autistique (dénomination depuis 2013) est diagnostiqué à partir de déficits persistants dans la communication sociale et les interactions sociales ainsi que de modes restreints et répétitifs de comportements, d'intérêts ou d'activités (je vous ai synthétisé tout ça grâce à internet pour ne pas partir dans un long blabla).

Atypical ne prétend pas être une émission éducative sur l'autisme contrairement à ce qu'on aurait pu craindre mais elle n'en est pas moins instructive. En effet, même si chaque personne atteinte d'autisme est différente (ah, la belle parole qu'on relit si souvent! mais ça ne fait jamais de mal de le rappeler...) il est possible, en suivant le quotidien de Sam, de se faire une idée sur celui de bon nombre de personnes dans sa situation, de même que celle de sa sœur et ses parents. Parce que Sam de raisonne pas comme les autres adolescents de son âge, il voit le monde différemment, réfléchit d'une toute autre manière. Pour ses camarades, il est étrange, ils ne le comprennent pas. Pour Sam, ils sont étranges, il ne les comprend pas. On est bien dans ce problème de communication et d’interactions qui fonctionnent selon des codes bien précis que Sam, lui, n'a pas assimilé puisqu'il perçoit son environnement et les informations qui lui parviennent d'une façon qui nous est étrangère.
Il y a des personnes qui se moquent de lui, le rejettent, renient son existence.
Et il y a des personnes qui essaient de le comprendre, de s'adapter, de l'aider à intégrer le fonctionnement de ce monde si étrange, à réduire ses angoisses, à se sentir bien.
Ces personnes sont
- sa mère qui en fait trop, vraiment trop, beaucoup trop mais c'est par amour, tant d'amour, trop d'amour
- son père qui essaie tant bien que mal d'accepter, se pardonner, créer du lien avec son fils
- sa sœur, spontanée et naturelle, qui l'aime et fait tout pour lui même s'il occupe tout l'espace dans cette famille mais n'aime pas être qualifiée de neurotypique
- son collègue, qui se fiche de la différence et se révèle être un véritable ami sur lequel il peut compter
- sa (future?) petite-amie qui est décalée, aime qu'il le soit, fait tout pour lui, même un peu trop, mais toujours par bienveillance
- sa psychothérapeute, mais le contraire serait problématique  


Il y a quelques personnages qui m'ont un peu agacée. 

En tête de liste : Elsa. Qu'elle soit dans la maîtrise absolue du moindre détail, ait le besoin de couver son fils pour lequel elle  s'inquiète en permanence et se montre par conséquent excessive, je le comprends parfaitement. Mais quand elle se met à faire du "bowling" pour prendre soin d'elle, sérieusement, ça m'a gonflé. Je trouve que c'est tellement prévisible et carrément cliché. Alors certes on pourra nous dire que c'est statistique (certainement, je n'en sais rien), mais j'aurai souhaité quelque chose de plus original parce que là on a droit à des enchainements de scènes et revirement de situation déjà vus des milliers de fois dans ce genre de série concentrée sur une famille (Switched at Birth entre autres) et c'est lassant. Il semble que tout soit fait pour rendre Elsa des plus antipathiques. 

Paige est agaçante, certes, mais c'est un mal nécessaire. Elle se révèle limite insupportable et c'est justement ce qui la fera sortir du lot des potentielles élues. Elle représente aussi les personnes qui pensent TOUT savoir parce qu'elles se sont sérieusement renseignées avec le souhait de bien faire les choses. Aussi, cela peut arracher les oreilles de l'entendre répéter "les autistes font..." mais c'est une réalité. Et on lui pardonne parce l'intention vient du cœur.

Evan est mignon, poli, gentil, attentionné... et oui dans la réalité ça fait rêver mais dans une série cela rend son personnage un peut fade et insipide. Mais cette série souhaite donner un aperçu de la réalité alors on accepte, toujours pour la bonne cause.

Bon, et si on en revenait au personnage principal?
J'ai adoré Sam. Je l'ai trouvé amusant (malgré lui) et touchant dans sa manière de dire les choses et de souffrir d'avoir blessé quelqu'un. De se battre pour comprendre ce qui lui passe des années lumières au dessus, parce qu'il est curieux de ce qui l'entoure et des gens qu'il côtoie. Parce qu'il a envie d'avoir une vie normale. Parce que ce "normal" lui parait si étrange et incompréhensible. Parce que pour Sam, il est la norme et les autres les variables, comme on peut tous le ressentir de différentes manières. Il aime sa famille, à sa manière. Il veut s'intégrer, à sa manière. Il veut grandir, à sa manière.
Il souhaite devenir adulte et indépendant alors qu'il est le centre du monde autour duquel gravite toute sa famille qui est entièrement organisée en fonction de lui. Entre le rôle de Casey au lycée, les rendez-vous chez sa thérapeute, la disponibilité des parents, le chauffeur de bus qui le connait et adapte sa conduite...
Mais finalement, est-ce qu'on ne doit pas tous adapter un peu sa vie et son comportement aux contraintes et différences de chacun? Certes, dans le cas de Sam, les changements et adaptations sont un peu plus importants parce qu'il rentre moins "dans le moule". Mais cela permet d'y réfléchir.

Tout ça pour dire que Atypical est une série drôle, touchante et divertissante qui a le mérite d'aborder le sujet de l'autisme. Elle ne prétend pas tout expliquer, juste prendre une capture d'image dans la vie d'une famille dont l'un des membres est atteint d’autisme. Sa vie à lui, leur vie à eux. Histoire de se mettre un peu de plomb dans la tête, essayer de comprendre, accepter la différence, ouvrir son esprit et passer un moment délicieux en compagnie de Sam, Casey et leurs parents.

dimanche 13 août 2017

// To the Bone // Feed // : Deux visages de l'anorexie au cinéma

Après s'être attaqué au harcèlement scolaire et au suicide avec 13 Reasons Why, Netflix nous propose d'aborder les troubles du comportement alimentaire et plus précisément l'anorexie dans le film To the Bone. Comme pour la série citée ci-dessus, To the Bone a été créé par des personnes qui se sentent concernées par cette problématique mais aussi, il est la cible de nombreuses critiques l'accusant de donner une fausse image de la maladie mentale. Pour 13 Reasons Why, je n'était absolument pas d'accord avec lesdites accusations mais concernant To the Bone, elles méritent qu'on y prête attention.

Comme le souligne Jennifer Rollin (psychothérapeute spécialiste des TCA), To the Bone, réalisé par Marti Noxon, offre une vision quelque peu édulcorée de l'anorexie. Ellen s'est isolée suite à un drame qui l'a frappée et dont elle se sent responsable. Elle a connu plusieurs hospitalisations et sa famille s'inquiète pour elle. Néanmoins, le rôle est endossé par Lily Collins, certes pâle et cadavérique mais dotée d'une magnifique chevelure, un maquillage un brin gothique et un look d'ado cool à peine négligée. 

Ellen est un personnage sympathique, doté d'un humour piquant, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds même si cette apparente assurance cache une grande vulnérabilité et une crainte de quitter la bulle qu'elle s'est créée pour se protéger de tous ces évènements qu'elle ne parvient pas à maîtriser. 

Ellen interprétée par Lily Collins

Il est intéressant qu'elle rencontre d'autres personnes dans une situation similaire, de morphologie et de passé différents. On reproche au film que reste associée l'idée d'anorexie à celle de maigreur extrême. L'anorexie n'est pourtant pas que cela, et le travail thérapeutique n'est que survolé au travers du Dr Beckham (le si sexy Keanu Reeves) qui est plutôt dans l'optique de laisser ces jeunes trouver leur propre solution et donner du sens à leur existence. On est un peu dans le raisonnement des gens qui disent aux personnes dépressives de se bouger et d'arrêter de se plaindre. On a envie de faire avancer les choses, d'aider les gens à se sauver par leurs propres moyens, mais ce ne fonctionne pas comme ça. Sur le papier, ça rend bien, mais ce n'est pas aussi simple que cela. S'ajoutent d'autres problématiques qui semblent un peu jetées en vrac comme la dépression post-partum et le suicide mais elles sont tellement survolées que je n'ai pas de quoi les développer ici, même si elles sont finalement mises en lien avec l'anorexie d'Ellen dans le récit.
En revanche, beau travail avec tous les membres de la famille qui se tapent dessus et se rejettent le faute de ce fléau qui a détruit la vie d'Ellen qui elle-même se sent responsable de beaucoup de choses, ce qui l'empêche d'avancer d'une quelconque manière. De même que ce film présente bon nombre de points positifs tant par le jeu et l'implication des acteurs, certains évènements douloureux et cruellement réalistes qui se produisent au cœur de l'établissement de soins. Sans compter les relations qui se nouent entre les personnages, tous tellement différents et pour beaucoup très attachants. 

Bref, on peut reprocher à To the Bone sa volonté de dénoncer sans suffisamment creuser, de vouloir traiter une thématique en se cantonnant aux idées classiques que l'on partage presque tous, mais il vaut le détour pour les émotions qui en ressortent et le message d'espoir qu'il offre à la fin. 


Passons à Feed, réalisé par Tommy Bertelsen, que j'ai regardé dans la foulée, sans trop en connaître le thème ni même de quoi il retournait, juste parce que j'avais remarqué en tête d'affiche Troian Bellisario (Pretty Little Liars) et Tom Felton (Harry Potter). Finalement, c'est ce film qui a su me surprendre et clairement sortir du lot sous tout un tas d'aspects. A noter que Troian Bellisario a elle-même écrit le scénario est s'est inspirée de son expérience personnelle au lycée pour parler de ce que vit Olivia Grey.

Grosse déception car ce film n'aura pas droit à une sortie au cinéma. Actuellement je n'ai pas eu vent d'une sortie DVD mais il est disponible à l'achat numérique sur iTunes en espérant qu'il ait bientôt droit à d'autres plateformes (n'hésitez pas à passer l'info).

Sachez qu'il y aura des révélations sur le film dans les paragraphes qui suivent (sur le déroulement, pas le dénouement) aussi, si vous souhaitez avoir comme moi l'entière surprise de l'intrigue, je vous invite à stopper ici votre lecture. Sinon, poursuivez à vos risques et périls...

Donc on fait la connaissance d'Olivia et Matthew Grey, jumeaux de 18 ans qui entament leur dernière année commune de lycée. Chacun studieux et promis à un grand avenir, un drame les sépare l'un de l'autre. Olivia, qui a vécu chaque moment de sa vie épaulée par son frère n'est plus sûre de pouvoir mener seule l'existence qui lui était promise. C'est là que le film devient intéressant. Car Matthew revient, il n'apparait qu'à Olivia, comme si leur lien était assez fort pour contrecarrer la Mort elle-même. Pourtant, Matthew se montre violent, cruel et manipulateur avec Olivia qui se sent coupable de continuer à vivre alors qu'ils s'étaient promis de mourir ensemble, enfants. Cette voix qu'elle croit être celle de son frère, qui l'oblige à tout maitriser tout le temps elle qui craignait de perdre le contrôle après que son frère l'ait quittée.
C'est cette voix à l’allure familière et bienveillante qui entrainera sa descente aux Enfers, qui l'emprisonnera dans la maladie en se faisant passer pour une amie, qui lui donnera le sentiment de dominer la situation quand elle n'aura plus la moindre emprise sur sa propre existence.
Il est important de noter que Tom Felton est excellent dans ce rôle, aussi déroutant que terrifiant.

Olivia interprétée par Troian Bellisario
Voilà la grande force de ce film. Il ne porte pas de grosse étiquette "maladie psychiatrique", "trouble du comportement alimentaire", car il est bien plus que cela. Tout un tas d'indices sont disséminés au fur et à mesure que l'intrigue avance. Les part de repas qu'Olivia réserve à son frère, les cours qu'elle parvient à rattraper à une vitesse phénoménale, son incapacité à entretenir une relation intime stable, le regard de son père lorsqu'il lui prend le bras, son humeur et sa fatigue qui fluctuent. Car Olivia a perdu un être cher, le pilier de son existence, son point d'encrage, celui qui permettait à cette accros du contrôle, l'élève modèle par excellence de toujours avancer droit et atteindre ses objectifs. Un choc violent qui l'ébranle et son équilibre psychologique s'effondre comme un château de cartes. Et cela ne se voit pas tout de suite. Son petit ami comprend que quelque chose se trame mais lui en fait part de manière trop violente. Les parents sont encore sous le choc de la perte d'un enfant, et sont inquiets pour leur fille mais le danger qui la guète n'est pas celui qu'ils pensent.

Bref, pour moi Feed est une réussite car il ne traite pas l'anorexie comme un malêtre et une volonté de ne plus se nourrir. Ici, Olivia n'a absolument pas conscience d'être malade. Ce n'est pas le cas de toutes les personnes atteintes de cette pathologie, bien sûr, mais il est intéressant d'être aussi désarçonné que l'entourage des personnes malades en regardant ce film. On ne comprend pas ce qu'il se passe, même si l'on voit clairement que quelque chose ne va pas. C'est déroutant, terrifiant et il n'y a rien de pire que de se sentir à ce point impuissant.

Quoi qu'on pense de To the Bone et Feed, ces deux films ont été écrits, réalisés et même joués par des artistes qui souhaitaient s'impliquer dans la lutte contre l'anorexie, faire connaître cette maladie afin qu'elle soit reconnue comme telle et non comme une lubie ou un effet de mode. Cette volonté est honorable et même si le résultat n'est pas une réussite pour tous, ce genre de combat mérite d'être encore mené de toutes les manières et le cinéma fait partie des nombreux supports capable d'ouvrir l'esprit.

dimanche 28 mai 2017

Anne with an "E" - Saison 1 (2017)


Saison 1 - 7 épisodes
CBC Television (Canada)
Netflix (international)

...Tout commence à Avonlea...

Matthew et Marilla Cuthbert, frère et sœur célibataires ont fait la demande d'adopter un garçon de l'orphelinat pour les aider à la ferme. Suite à un malentendu, c'est Anne Shirley qui arrive un beau jour aux Pignons verts. Tout d'abord peu encline à accueillir cette rouquine maigrichonne aux grands yeux verts, Marilla Cuthbert va peu à peu se laisser attendrir par son imagination poétique, et sa bonne humeur contagieuse.

...Mon avis...

L'histoire d'Anne rassemble tous les ingrédients nécessaires pour me toucher en plein cœur. Les valeurs essentielles de la vie, celles auxquelles j'accorde le plus d'importance, nous rattachant aux petites choses de l'existence qui, parfois, nous échappent. 
Anne Shirley est une jeune fille que la vie n'a pas épargnée jusque là. Et si elle réussi à garder le sourire, quoiqu'il advienne, c'est grâce à son imagination florissante qui lui permet de s'évader vers une réalité plus savoureuse et ensoleillée.


Anne est une ode à la vie et à l'amour. Le premier à faire son apparition est celui porté à la famille. Les liens du sang importent peu. Anne est orpheline, ne sait presque rien de ses parents et préfère leur inventer bien des identités et des récits quand on la questionne à leur sujet. Puis elle est adoptée par les Cuthbert. Il devienne sa famille dont elle va tout faire pour se montrer digne. 


L'autre amour qui naît à Avonlea c'est cette amitié magnifique entre Anne et Diana. Notre petite rouquine, à son arrivée aux Pignons verts, n'a pas plus grande appréhension que la confrontation avec les autres enfants de son âge qui se sont, par le passé, montrés d'une cruauté sans borne. Diana, elle, sera vite fascinée par Anne et admirative de son parlé distinguée et de son esprit créatif. Elle n'aura de cesse de vouloir faire comprendre au monde entier combien elle trouve sa nouvelle amie fabuleuse. Combien de fois ai-je eu le cœur gonflé d'émotion en me remémorant cette enfance déjà lointaine passée aux côtés d'amies à jouer avec trois fois rien et se créer d'incroyables aventures dans un monde fabuleux?


Sans m'attarder sur le sujet, je trouve important de parler de la grande tendresse que je porte à l'adorable Gilbert Blythe qui se révèle très vite être l'un des rares personnages à ne pas juger Anne sur son physique et sa condition sociale.


Ce fut déroutant pour moi d'être à ce point touchée et même chamboulée par cette série tirée d'un roman maintes fois adapté (dont je connaissais l'anime japonais). Ces quelques jours de visionnage mon rappelé le bien-être que me procurent ces histoires toutes simples et pourtant si riches en émotions comme Heidi et La Petite Princesse dont les héroïnes offrent du bonheur par leur seule présence et leur amour des petits plaisirs de la vie.

...A très bientôt, Anne avec un "e"...

Tout cela pour dire que les 7 épisodes d'Anne furent une véritable bouffée d'oxygène dans mon quotidien. Le simple fait d'y repenser me réconforte en un instant et dessine un sourire sur mon visage. C'est beau, c'est vrai, c'est pur, et il me tarde de découvrir quelles seront les prochaines aventures d'Anne et des habitants d'Avonlea.

jeudi 18 mai 2017

Girlboss - Saison 1 (2017)


// Netflix // Saison 1 - 13 épisodes (2017) //

#GIRLBOSS ou comment je suis passée de décrocheuse 
scolaire à patronne d'un empire du e-commerce

Girlboss est une série tirée d'un livre du même nom écrit par Sophia Amoruso pour lequel elle s'est inspirée de sa propre vie. On y suit donc les aventures de Sophia Marlowe, la vingtaine qui enchaine les boulots desquels elle se fait virer et se retrouve rapidement fauchée. Un jour, elle achète pour presque rien une veste vintage et parvient à la revendre une fortune sur ebay. Elle lance alors sa boutique, Nasty Gal, avec laquelle elle entreprend la vente de vêtement vintage qu'elle personnalise à son goût, créant des looks qui vont rapidement faire fureur sur le net. 

Dans le concept, Girlboss a tout pour plaire. Un intrigue tirée d'une histoire vraie avec une femme qui part de rien pour devenir entrepreneuse et vivre de sa passion. Ajouté à cela on a une réalisation au top, des fringues dingues qui font rêver et une bande-son qui tue. Pourtant, même si j'ai passé un chouette moment, cette série ne m'a pas emballée plus que ça. 
Déjà, je ne suis pas une grande fan de Britt Roberston qui a tendance à m'agacer avec ses mimiques exaspérées et son rôle de fille toujours un brin extravagante qui se répète un peu d'un film sur l'autre. Mais bien sûr, ce n'est que mon avis et ma perception de son jeu d'actrice.
J'admets que ce look lui va à ravir et que son interprétation du personnage est certainement proche de ce qui était souhaité par les créateurs de la série. Globalement, j'ai bien aimé son personnage que j'ai aussi trouvé sympathique et drôle lorsque l'occasion se présentait.
Celle que j'ai préféré, c'est certainement Annie, la meilleure amie complètement décalée avec le cœur sur la main. C'est grâce à elle que, en plus de l’ascension d'un jeune femme par ses propres moyens, Girlboss nous offre une belle histoire d'amitié.


Finalement, on suit beaucoup la vie de Sophia mais on en sait peu sur comment exactement elle crée Nasty Gal concrètement. Ses choix m'ont semblé vaguement évoqués, mais j'aurai aimé en savoir plus sur le déroulé de son avancée de le monde du e-commerce. Il semble que cela soit mis en avant dans le livre écrit par Sophia Amoruso sur lequel je me pencherai peut-être à l'occasion. 

Pour finir, Girlboss m'a permis de passer un bon moment, c'est indéniable, mais je ne sais pas encore avec certitude si j'aurai envie de poursuivre avec la saison 2 lorsque celle-ci verra le jour. Nous en reparlerons en temps voulu! Et vous, avez-vous vu Girlboss? Qu'en avez-vous pensé? Des coups de cœur Netflix à me conseiller?
 

vendredi 21 avril 2017

13 Reasons Why - Saison 1 (2017)


THIRTEEN REASONS WHY
Netflix
Saison 1 - 2017
13 épisodes

Quelques mots sur le roman
La dernière série de Netflix est tirée de Treize Raisons écrit par Jay Asher. Je l'avais lu lors de sa première publication française chez Wiz en 2010. J'en ai un souvenir sombre, avec des personnages qui m'ont mise mal à l'aise, auxquels je n'ai pas réussi à m'attacher ainsi qu'un sentiment d'incompréhension. Pourtant, c'est depuis cette époque que je me suis sentie concernée et ai souhaité m'informer sur le "harcèlement scolaire" (comprenant violence morale, verbale, physique...). C'est malheureusement tout récemment que ce sujet n'est plus considéré comme "de simples enfantillages" mais comme un véritable fait de société d'une gravité à ne plus négliger.  

Le commencement (que tout le monde connait déjà...)
Clay Jensen, un adolescent sans histoire, reçoit un paquet contenant 7 cassettes audio dont les faces sont numérotés de 1 à 13. Lorsqu'il commence alors à écouter la première face, il entend la voix de Hannah Baker, cette fille de son lycée qui s'est suicidée il y a quelques semaines. Elle annonce dans l'enregistrement qu'elle a décidé de révéler ce pourquoi elle a mis fin à ses jours. Treize faces pour treize raisons. Treize faces pour treize personne. Et celui qui écoute ces cassettes et l'un d'elles.


Mon ressenti à froid après avoir visionné le treizième épisode
Là, tout de suite, je me sens mal. Parce que c'était violent, cruel et terriblement réaliste. Parce que les créateurs de la série n'ont pas voulu enjoliver les choses, nous faire croire à un rayon de soleil qui n'existe pas. Non. Hannah a souffert avant de se briser, ne plus rien ressentir, et appuyer sur le bouton STOP.
Si cela ne tenais qu'à moi, j'inscrirai cette série au programme scolaire. Bon, peut-être pas certains épisodes, certaines scènes, parce que c'est trop, vraiment insoutenable, et on n'a pas tous besoin de ça pour comprendre le mal que l'on peut faire malgré soi.
Mais bon sang, c'était tellement douloureux. Tous ces regrets, ces actes manqués, ces mots lâchés, ces regards évités. Les conséquences sont insoupçonnables, et pourtant... les répercussions fatales et des vies sont brisées.

Thirteen reasons why peut sembler être un énorme big mac des pires situations qui puissent se présenter. Ce qui arrive à Hannah est une accumulation d'évènements en apparence surmontables s'ils n'avaient pas lieu successivement, de cette manière, dans cet ordre et ces circonstances. Une autre personne n'aurait peut-être pas mis fin à ses jours, une autre l'aurait fait bien plus tôt et n'en aurait pas supporté autant. Je me suis d'ailleurs beaucoup questionnée sur la vie d'un personnage qu'on aperçoit peu mais qui a son importance : Skye. Sa vie, ses souffrances auraient pu la mener à prendre la même décision que Hannah. Et pourtant... nous sommes tous différents.
C'est ce qui est dur avec cette série. Dès la début, on sait que Hannah a mis fin à ses jours et très rapidement comment elle s'y est prise. Pourtant, au fil des épisodes, on s'attache à elle, on a envie de l'aider, lui dire qu'elle devrait éviter de fréquenter telle personne, se rendre à tel endroit. On a envie de la protéger, lui crier que tout ça n'est qu'un malentendu, que d'autres se sentent seuls et malheureux, qu'elle-même saurait leur rendre le sourire, et surtout qu'il y a un type bien qui l'aime et qu'elle aimera peut-être. 

Alors quand l'inévitable se produit, c'est violent, c'est atroce et même insupportable. Parce que savoir est une chose, voir en est une autre. Et la mort de Hannah Baker est la scène la plus terrible que j'aie pu voir dans une série télévisée. Parce qu'on n'a pas droit à une scène poétique sur la délivrance que la mort apporte à celle qui veut perdre la vie, non. Elle meurt terrifiée, seule, malheureuse et c'est les mêmes sentiments que connaissent ses parents, quelques minutes voire quelques heures après lorsqu'ils comprennent que c'est trop tard. 


Ce que cette série m'a apporté

J'ai retenu qu'une chose bouffe chaque personnage de cette série : le regret. On fait tous des erreurs. Parfois terribles. Elles nous font honte, nous hantent. L'erreur qu'ont commise ces treize personnes n'est pas forcément celle à laquelle ils pensent. Ce n'est pas d'avoir trahie, humiliée, abandonnée Hannah Baker. C'est de ne pas s'être excusé, de ne pas lui avoir expliqué, ne pas avoir dit la vérité. L'une des erreurs d'Hannah elle-même fait partie des raisons qui l'ont poussée à commettre l'irréparable. Une erreur qu'elle pense ne jamais pouvoir réparer et qui va la poursuivre jusqu'à la fin.
Autre point important : les treize personnes responsables de la mort de Hannah souffrent. Ce ne sont pas toutes de mauvaises personnes qui ont fait de mauvaises choses. Certains ont d'ailleurs une vie merdique avec laquelle ils composent comme ils peuvent, et parfois les autres en pâtissent. 
Voilà ce que j'ai retenu en premier, le regret tue. Alors il faut déclarer son amour, demander pardon, oser sourire, crier à l'aide, lutter contre l'injustice, se battre pour la liberté, tendre la main et croire qu'un meilleur lendemain est possible.

Thirteen reasons why parle de harcèlement scolaire, un terme que l'on entend souvent ces derniers temps, qui a percé, est enfin entendu et reconnu. Ce terme va englober un grand nombre de notions taboues, tues et délaissées. Alors ça ne plait pas à tout le monde que, dans une série d'adolescent, on pointe du doigts de manière aussi crue le sexisme, le viol, l'homophobie... Parce que oui, les filles, à seize ans, sont déjà des objets pour certains garçons. Parce que bon nombre d'entre eux n'ont pas conscience de combien cette image est violente pour les femmes malgré le sourire qu'elles gardent sur les lèvres pour faire comme si de rien n'était. Et la solitude. Ce vide sans fin que ressent Hannah quand elle expose clairement ce qu'il s'est passé et que l'enfer qu'elle vit est négligé et remis en question. Comme si toute cette souffrance en elle était sans importance, alors la seule solution est de ne juste plus rien ressentir. 

J'ai beaucoup aimé le personnage de Clay. Parce que ce garçon est pur. Il est comme le phare qui nous guide au cœur de toute cette folie. Sa colère et sa détresse sont les nôtres. Il a un peu le profil du type invisible auquel personne ne fait attention, mais qui, lui, fait attention aux autres. Il est révolté face à l'injustice, et contrairement à ce que laisse supposer les premiers épisodes, il est le seul qui va agir et se battre pour que la vérité éclate et prendre des risques quel qu'en soit le prix.
Apparte concernant les choix de mise en scène controversés
Je sais que l'une des scènes finales ainsi que les passages de sexe particulièrement violent et choquant ont fait débat sur le net, et je le comprends. Seulement, les créateurs n'ont visiblement pas voulu d'une énième série divertissante pour pour les ados avec drame et divertissement agrémenté d'acteurs sexy en diable. Moi je vois cette série comme un coup d'éclat, une véritable dénonciation.
Combien de fois voit-on des scènes de sexe "un peu forcées" mais tolérées parce que le mec est beau, séduisant mais finalement gentil et torturé? Bien trop souvent. Et aucune excuse ne doit être acceptée. Alors on nous livre la vérité sur un plateau d'argent : une scène dans laquelle un homme force une femme, même s'ils sont jeunes et beaux dans un cadre romantique, c'est un viol, point.
Non, le suicide n'est pas un moment poétique emplis d'une musique apaisante où la libération laisse place à un nuage de paix. On ne s'attend pas à ces images aussi insoutenables que les derniers mois qu'a subit Hannah.
Alors bien sûr, cette série n'est pas à mettre en toute les mains, et doit être réservée à un public averti et tant qu'à faire qui n'a pas vécu de traumatisme parce qu'un visionnage ne risque pas d'arranger les choses.
Mais dans cette série, sur ces sujets là, je pense que le choix des créateurs est un mal nécessaire et j'espère qu'elle fera partie des œuvres qui dénoncent et aident des gens à s'en sortir, d'autres à réfléchir avant de faire du mal ou au moins à faire naitre la volonté d'arranger les choses par la suite.

La série elle-même
Histoire de terminer sur une note un peu plus joyeuse : la réalisation est parfaite, il n'y a aucun temps mort, le récit est parfaitement rythmé et on n'a certainement pas envie que l'aventure s'arrête. Parce qu'on s'attache à certains personnage, on apprend à en aimer certains et en détester d'autres. Et cette bande son sublime dont on veut garder chaque morceau sur son potable... Les acteurs ont été choisis à la perfection et remplissent leur rôle avec brio. Bref, Netflix a fait fort, très très fort.

Je vous libère et remercie les lecteurs courageux qui sont venus à bout de mon article
13 Reasons Why n'est pas une série à regarder en mode cocooning. Vous allez souffrir, vous questionner, vous attacher, peut-être même pleurer, vous rappeler, vouloir oublier. Et puis vous vous direz peut-être que, à votre manière, vous ferez votre possible pour vous battre, qu'il n'y ait plus de Hannah Baker. Vous aller peut-être vouloir transmettre un message à vos amis, vos enfants. peut-être écouterez-vous avec plus d'attention cette personne qui se confie à vous. Peut-être que vous ne rirez pas à la blague d'un collègue parce qu'elle est blessante vis-à-vis d'un autre. Peut-être qu'après avoir visionné le dernier épisode, vous attacherez plus d'importance à ces petits détails anodins et insignifiants de la vie de tous les jours parce qu'ils vous rappelleront que vous êtes vivant et que cela a de la valeur tant que vous souhaitez le rester.

J'arrête mon monologue de sage tibétain qui ne veut plus rien dire, il est minuit passée, je suis à la fois déprimée et exaltée (si, si, c'est possible!) alors je vous souhaite une bonne nuit même si vous lirez cette article une fois le soleil levé. 

J'attends vos retour sur cette série, j'aimerai même ouvrir une discussion fermée sur la page pour en discuter, débattre de tous ces sujets, et continuer à échanger!