jeudi 19 octobre 2017

Libres! Manifeste pour s'afrranchir des diktats sexuels - Ovidie & Diglee


Féministes jusqu'au bout des ongles, Ovidie et Diglee on monté un projet : créer un anti-guide du sexe pour les femmes, qu'on leur foute enfin la paix !
Et bon sang, que ça fait du bien !
Libres! se veut bienveillant, hilarant, décomplexant. Rien ne vous interdit d'être heureuse de mener une vie plan-plan pleine de guimauve avec votre amoureux de longue date. Rien ne vous empêche de vous éclater à changer de conquête chaque soir, enchainer toutes les postures du Kamasutra et remplir les statistiques nationales du sexe. Du moment que VOUS le voulez, c'est okay.

Ovidie ne juge pas, ne montre personne du doigt (sauf deux trois personnes dont les paroles étaient justes aberrantes et publiées dans les journaux).
On parle de sperme, du corps, des règles, de l'image de soi, de sexualité, de l'âge, des poils, de religion et culture.... tout autant de sujets qui font polémique tout en étant désespérément tus. 


"A poil ou en burqa, jamais le féminisme ne devrait être un prétexte pour s'en prendre aux autres femmes"

Pour moi, il s'agit de LA phrase qui résume l'état d'esprit du livre. Le féminisme est un combat pour l'égalité et la liberté des femmes, cela passe par le respect des femmes entre elles qui malheureusement ne se font pas toujours de cadeau. C'est pourtant en œuvrant ensemble que l'on avancera pour que les mentalités changent enfin. 

La prose d'Ovidie nous permet de réfléchir, nous questionner sans non plus nous prendre la tête. A-t-on déjà ressenti cette pression de la société? Comment se sent-on dans notre corps, dans notre tête? Finalement, est-ce qu'on en a quelque chose à faire des statistiques ou bien cela nous angoisse-t-il de ne pas appartenir à la norme? D'ailleurs, cette norme : réalité ou gros bluff?
Un texte qui donne le sourire, apporte un certain bien-être, nous offre quelques perches pour nous réconcilier avec ce corps malmené et sans cesse critiqué. 

 
Les planches de Diglee sont un pur bonheur! Drôle et touchante, elle traduit avec fraicheur un quotidien qui pourrait être le nôtre. Des corps de femmes, chacune belle à sa manière, longiligne ou voluptueuse, imberbe ou velue, complexée ou libérée... 

Ovidie et Diglee nous présentent un album qui sera la cadeau parfait : pour vous, les femmes que vous aimez et même les hommes auxquels vous tenez (ou ceux qui ont besoin d'un peu de plomb dans la tête). Libres! réconciliera même bien des femmes avec le féminisme trop souvent considéré comme une doctrine anti-mâles ou encore une nouvelle dictature obligeant les femmes à partir en guerre les seins nus. Non, le féminisme, c'est tout simple : l'idée qu'une femme fasse ce que bon lui semble de sa tête, de son corps et de sa vie.

mercredi 18 octobre 2017

Stranger Things - Saison 1 (2016)


Saison 1 - 2016
8 épisodes

Once upon a time in the Indiana...
A Hawkins, en 1983 dans l'Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d'amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre "11" sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…

...stranger things happen.
La série que je voulais absolument voir après avoir été happée par le terrifiant Ça. Un groupe de gamins impopulaires dans les années 80 qui partent à la recherche de leur copain disparu, c'est l'un des schéma maintes fois utilisés que je préfère, ça ouvre la voie à tellement de possibilités et toujours le bonheur de glisser des références de l'époque à tire-larigo! Stranger Things ne se contente pas de sortir ledit schéma de derrière les fagots, il l'exploite à merveille et en tire le meilleur. 
Outre nos trois gosses adeptes de fantasy, on fait la connaissance de leur famille en passant par leurs frère et sœur ainsi que leurs parent, le shérif ou encore le prof qui se retrouvent impliqués dans cette histoire mystérieuse et terrifiante...


Que dire de 11? J'ai adoré son personnage doux et meurtris, confronté à de nouvelles relations qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de développer, des sentiments qu'elle n'avait jamais pu éprouver. Elle se montre tellement courageuse, déterminée et protectrice envers ses nouveaux amis. Parmi eux, c'est bien évidemment Mike que j'ai préféré, il est si touchant!
Le rythme de ces huit épisodes permet de tenir le spectateur en alerte, de disséminer de nouvelles révélations à chaque tournant et d'en apprendre chaque fois un peu plus sur cet univers incroyable que l'on découvre en même temps que nos héros.
Et cette bande-son, quelle merveille! Elle colle parfaitement avec cette ambiance mi réconfortante mi inquiétante qui donne envie de visionner Stranger Things au chaud sous la couette.
Juste une chose, avant que j'oublie... quelqu'un a remarqué l'affiche de Dark Crystal dans la chambre de Mike Wheeler?

I'll be back!
Bien heureusement, après cette fin de saison 1 absolument dingue, la suite arrive très bientôt à savoir fin octobre! Un timing qui colle parfaitement aux festivités de saison. J'espère que cette saison 2 sera à la hauteur de la première, et cela nous le saurons très vite...

mardi 17 octobre 2017

Mon amie Adèle - Sarah Pinborough



LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.

DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.

ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise... Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au cœur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.

David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Un roman intrigant, qui joue avec les non-dits et les sous-entendus. Des personnages menteurs, manipulateurs, pris dans leurs propre piège, mais lesquels sont-ils? J'avais une idée très arrêtée dès le départ sur le maître du jeu, mais il me manquait une sacrée pièce du puzzle. Le lecteur élabore tout un tas de théories invraisemblables qui changent presque à chaque chapitre. Et bien sûr, impossible de deviner ce qu'il en est vraiment. Peut-être vers la fin, en ayant un esprit d'analyse très fin et en laissant libre cours à ses fantaisies. Car difficile de discerner ce qui est vrai de ce qui est interprété.
Un thriller surprenant, aux frontières du paranormal. C'est peut-être ce qui m'a un brin chagrinée d'ailleurs. Et puis je me suis rappelée qu'il s'agissait de Sarah Pinborough et que c'en était presque évident. Même si elle m'a été présentée comme une lecture captivante et impossible à lâcher, Mon amie Adèle s'est révélée une très sympathique distraction pour m'évader lors de mes trajets dans les transports en communs parisiens.
Une lecture que je vous recommande chaudement, qui saura vous divertir, vous surprendre et vous faire découvrir la plume d'un auteur qui vaut clairement le détour!

Pour info : Sarah Pinborough a écrit Les contes des Royaumes (Poison, Charme et Beauté) et La maison des morts édités chez Milady qui sont tous d'excellents titres.

lundi 9 octobre 2017

Blade Runner 2049 (2017) - Denis Villeneuve



En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies...
Ayant une mémoire de poisson rouge, je ne pourrai pas vous faire une analyse scientifique et décortiquée de ce film en lien avec le premier Blade Runner datant de 1982 même si je l'ai vu deux fois. Tout ce que je peux vous dire, c'est que Blade Runner 2049 séduit par une image époustouflante, une réalisation douce et aérienne teintée d'une mélancolie indéfinissable. 
N'étant pas la fan number one du beau Ryan Gosling, c'est un grand plaisir de vous dire que, pour moi, il s'agit d'un de ses meilleurs rôles (avec Drive, évidemment). Je l'ai parfois trouvé un tantinet fade, il ne m'a que rarement émue dans ses films et pourtant, j'ai trouvé K déchirant.

Ils sont passionnants, ces films qui traitent de l'humanité. Qu'est ce qui fait un être humain? Quelles sont les frontières de l'être humain? Est-ce les sentiments, les émotions, la capacité à ressentir? Une machine peut-elle ressentir? Un être créé par l'Homme peut-il devenir homme? 

Inutile de vous préciser combien j'ai été touchée par Joi (Ana de Armas) et sa relation avec K. Cet amour dont on se questionne à peine sur la nature puisqu'il n'a pas besoin d'être expliqué, exposé, justifié, rationalisé... il est tout simplement. Y en a-t-il parmi vous qui ont aussi pensé au Petit Prince et sa rose? 

La quête menée tout au long du film m'a beaucoup plu. J'ai assez rapidement compris qui était l'enfant recherché mais cela n'a pas d'importance. L'histoire est belle, empreinte d'une certaine poésie, pleine d'espoir et d'amour. Et puis après Indiana Jones et Star Wars c'est toujours un plaisir de retrouver Harrison Ford dans l'un de ses rôles mythiques des années après...

Chaque note de musique nous transporte, chaque plan éblouis, chaque personnage nous confronte à nous-même. Indéniablement un film à côté duquel il ne faut pas passer et qui marquera 2017 de bien des manières.

mardi 3 octobre 2017

Double Je - Reiko Momochi



Double Je - Reiko Momochi
5 tomes (série terminée)
Editions Akata

Nobara et Kotori sont jumelles dans une famille heureuse. Un jour, leur père meurt a cause de l'imprudence de Nobara.
Cette dernière part vivre auprès de sa grand-mère afin de de punir d'avoir détruit cette famille mais échange parfois sa place avec Kotori pour continuer à voir sa mère en secret.
Alors qu'elles se font passer l'une pour l'autre, Kotori est assassinée...

Comment vivre avec cette culpabilité? Vivre en étant responsable de la mort de son père, puis de sa jumelle? Nobara ne trouve pas de réponse à cette question. Alors elle va trouver une autre solution, un autre but, celui de venger sa sœur et prendre la vie de son meurtrier. Pourtant, supprimer une vie d'en a jamais ramenée une autre. Et cela fera d'elle une criminelle. Mais alors, comment accepter pareille injustice? Comment tolérer que chacun tous oublient la jumelle que l'on pense morte, que l'on croit être Nobara? Supporter de disparaitre pour laisser vivre Kotori aux yeux de leurs proches?
Un manga surprenant et déchirant sur la culpabilité, la vengeance, la résilience. De quoi se poser de longues questions sur l'importance de la vie, la légitimité de chacun à la prendre ou la laisser, la manière de se reconstruire quand on a tout perdu...


Je le répète pour la millième fois, mais tant pis. Derrière de jolies couvertures shojo aux tons pastel, les titres que propose Akata sont forts, leur choix n'est pas dû au hasard, il relève d'un réel engagement à nous faire découvrir des histoires percutantes pour faire réfléchir et permettre au lecteur d'ouvrir son esprit sur des sujets parfois complexes et tabous.
Il faut oser parler d'amour envers une personne au passé criminel. Oser parler d'injustice quand la loi a tranché selon les textes. Oser ne pas baisser les bras quand tout le monde vous dit d'arrêter.  
Un seul hic, une péripétie au milieu de l'intrigue durant laquelle on suspecte un personnage, puis non, puis si, qui m'a semblé nous faire tourner en rond. Mais c'est sans conséquence quand on pense à la fin qui m'a fait bondir tant je ne m'y attendais pas.

Un thriller sur fond de shojo, à moins que ce soit un shojo sur fond de thriller? Qu'importe son appellation. Un titre qui chamboule nos convictions, nous confronte à de véritables interrogations et nous embarque dans une enquête au rythme effréné qui ne nous laissera pas de marbre.

lundi 2 octobre 2017

Le Chaos en Marche, un nouveau Patrick Ness porté à l'écran !

Il y a quelques mois je vous parlais de Quelques minutes après minuit, cette merveille de Patrick Ness qui avait été adaptée au cinéma et le résultat s'était révélé au delà des mes espérances tant il est magnifique! 

A ma grande surprise, cet auteur chouchou dont j'avais l'impression d'être la seule lectrice dans mon entourage va à nouveau faire l'objet d'un film et pas des moindres puisqu'il s'agit de sa trilogie dystopique à couper le souffle : Le chaos en marche.
La voix du couteau, le cercle et la flèche, La guerre du bruit. 


Trois volumes qui m'ont fait vivre une aventure incroyable que je n'ai pu partager qu'avec très peu de monde. Aussi je ne saurais dire si je suis contente que cette série soit amenée à être connue et lue bien plus à travers le monde dans les années à venir ou si je suis triste qu'elle puisse potentiellement devenir un énorme sujet à la mode tels que Hunger Games et Divergente...

C'est l'année de ses treize ans et, dans un mois, Todd Hewitt va devenir un homme. Il est le dernier garçon de Prentissville. Cette ville de Nouveau Monde est uniquement peuplée d'hommes. Depuis longtemps, toutes les femmes et les enfants ont disparu. A Nouveau Monde, chacun peut entendre les pensées des autres, qui circulent en un brouhaha incessant, le Bruit. Nul ne peut échapper au Bruit, nulle part, jamais...

Grosse appréhension # 1 : la réalisation. A qui va-t-on confier le précieux bébé? 
Doug Liman, à qui l'on doit de chouettes films comme La Mémoire dans la peau, Mr & Mrs Smith, Edge of Tomorrow ou encore Barry Seal dont je vous ai parlé dimanche. Bon, ça va, le monsieur est branché SF et action mais sait aussi jouer avec les sentiments. Ouf!
Au passage, on a Robert Zemeckis à la production! Sait-on jamais, ça peut lui faire gagner des points à ce film en cours de tournage.
Et enfin le scénario, Patrick Ness est dessus. Gros soulagement, et pas de risque que tout se barre en sucette pour un teen-movie américain qui n'aurait plus rien à voir avec le texte d'origine.

Première photo de tournage révélée au public

Grosse appréhension # 2 et pas des moindres : le casting.
Sans la moindre objectivité, Tom Holland et Daisy Riley, JE LES AIME. Alors je suis contente! Sinon, en creusant un peu... Certes, ils ont 21 et 25 ans quand les héros sont censé en avoir 13 ou 14. Mais étant donné la teneur des romans, la maturité des personnages ils aurait pu sembler compliqué de placer les adolescents apparus dans Ça... Quoique! Ça me chiffonne un peu et cela aurait été intéressant de conserver les caractéristiques des personnages mais visiblement la production a d'autres projets (comme toucher un plus large public et faire plus d'entrée? Roooh la mauvaise langue...), espérons seulement que ces changements seront intégrés dans un contexte cohérent.

Bref, comme des années avant pour Hunger Games, me voilà rivée à mon écran srutant les moindres news à me mettre sous la dent, entre impatience et appréhension, croisant les doigts pour que le rendu soit là aussi de qualité.
Si je peux me permettre, d'ici là et si vous ne connaissez toujours pas le génialissime Patrick Ness, lancez-vous! Vous avez le temps d'ici 2019 ;)

Ça (2017) - Andy Muschietti




A Derry, dans le Maine, d'étranges disparitions ont lieu. Parmi elles, celle de Georgie, le petit frère Bill dont on n'a jamais retrouvé la trace après qu'il soit sorti faire naviguer sa frégate en papier dans le caniveau un jour de grande pluie. Mais Bill n'a pas perdu l'espoir de retrouver Georgie, et continue d'explorer chaque possibilités, même les égouts dans lesquels il fera la rencontre de Ça, un clown diabolique qui prend l'apparence des peurs profondes de chaque membre de la bande des ratés. Pourtant, ces gamins vont devoir se battre et affronter la peur elle-même.

Le Club des Ratés
Gros coup au cœur pour cette bande de gamins paumés et maltraités par la vie. 
J'ai aimé apprendre à connaître chacun d'eux, leurs peurs et leurs espoirs. 
J'ai aimé ce lien invisible qui les unis, que ce soit leur existence malmenée par les adultes ou cette volonté de s'accrocher quoi qu'il arrive avant qu'il n'y ait autre chose qui s'y ajoute... ces peurs qui prennent forme et qui deviennent réelles. Cette bande qui ne peut vaincre qu'en restant unie, le courage des ces gosses hauts comme trois pommes face à la peur personnifiée pour se sauver parce qu'il n'y a que sur eux qu'ils peuvent compter. 
Les Ratés existent à cause de la violence. Celle des adultes et des autres enfants. Ils se qualifient de ratés, comme des échecs en bande, des erreurs de la société. Cette violence est presque toujours présente dans les titres de Stephen King, je pense en premier lieu à Carrie dont l'horreur n'est aucunement liée aux pouvoirs paranormaux de la jeune fille mais à ces abominations qu'on lui a fait subir. Comme s'il pointait du doigt cette cruauté malsaine que tant subissent sans que personne ne veuille le voir. 


Grippe-Sou
On parle dans cesse du clown, de "Ça" comme l'incarnation de la peur. Il y a un parallèle qui est fait entre les craintes enfantines, abstraites, fictives et la peur de cette cruelle réalité à laquelle les enfants sont confrontés. Je me suis demandé si Ça n'était pas le fruit de l'imagination des enfants. Les peurs de chacun sont liées à leur vécu. N'est-il pas normal de vouloir donner à ces horreurs quotidiennes un visage? Penser qu'un petit garçon n'est pas mort mais qu'il a été enlevé par un monstre. Se dire que l'on n'est pas l'incapable qui déçoit son père mais juste terrifié par ce visage maléfique sur le tableau. Que l'on n'est pas manipulé et séquestré par une mère à moitié folle mais que le monde est véritablement dangereux et mauvais... Si les adultes ne voient pas le clown, est-ce parce qu'ils ont oubliée cette peur inexplicable? Qu'ils ne craignent que des faits pratiques et rationnels et ne peuvent même plus inventer, penser, imaginer?
Cette entité maléfique qui se nourrit de chair et terreurs enfantines tous les 27 ans avant de repartir hiberner n'est pas expliquée et décortiquée ce que je trouve très bien. Justifier et rationaliser la peur n'aurait aucun sens et il est bon de laisser des zones d'ombre sans jamais tenter de les éclairer.


You'll Float Too 
L'ambiance, l'image, les teintes choisies et cette bande-son... Que de merveilles offertes par le cinéma! Je pensais être confrontée à un film d'horreur "classique" et ai finalement été plongée au cœur de ce qui ressemblait presque à un conte macabre chantonné sur les notes grinçantes d'une boîte à musique.
Le clown, les ballons, la maison hantée au bout de la rue et les chants d'une chorale, tant de détails qui savent nous glacer le sang et pourtant ce film constamment teinté d'épouvante nous laisse quelques répits.
Il en est même presque doux par moment. L’innocence des enfants, les blagues perpétuelles de Richie (qui aurait cru rire si souvent aux éclats en regardant ce film?), cet été dont ils veulent pleinement profiter nous laisse comme une saveur de nostalgie dans le cœur.  


Il reviendra...
Dur de devoir attendre Septembre 2019. Et en même temps, j'ai quelques appréhensions. Suivre cette bande de gosses confrontés à leur peur était passionnant. Les revoir adultes, 27 ans plus tard, nous verrons bien ce que cela donnera! Quelle histoire, quelle ambiance, quelles peurs?