mardi 17 juillet 2018

13 Reasons Why - Saison 2 (2018)


THIRTEEN REASONS WHY
Netflix
Saison 2 - 2018
13 épisodes

Vous voyez, cette fraction de seconde durant laquelle vous vous dites qu'une barrière vient d'être franchie. Que ce qui a été fait n'était pas nécessaire. Que vouloir bien faire ne suffit pas toujours.
Eh bien c'est ce que j'ai ressenti en visionnant cette seconde saison.

Non. Je ne dit pas que TOUT est à jeter. Je dis juste que cette saison était la saison de trop. Quand bien même s'agissait-il seulement de la seconde. Mais là, en plus de nous proposer de la pure redite, les créateurs ont voulu surenchérir.
Okay, c'est bien de dénoncer des injustices, de les porter à l'écran, de nous rappeler combien la vie est montreuse, cruelle et sans issue pour certains. Encore, s'il y avait une issue. Mais non, on nous indique de composer un numéro. Ce n'est pas inutile, loin de là, mais ce n'est pas non plus suffisant.

Donc voilà la saison 2 de Thirteen Reasons Why : nos 13 faces de K7 audio se retrouvent au tribunal, à témoigner lors d'un procès qui déterminera la responsabilité du lycée où se rendait Hannah durant les quelques mois précédant son suicide. Sur le principe, c'était sacrément pertinent de passer d'une saison qui présentait le point de vue d'Hannah à une autre dans laquelle on découvrait celui des personnes responsables de sa mort. Malheureusement, ce procédé avait tout de même été disséminé ici et là au cours des 13 tout premiers épisodes permettant ainsi d'en savoir bien plus que cela n'avait été le cas dans le roman. Le spectateur était alors en mesure d'éprouver une certaine sympathie pour ces lycéens perdus, rongés par les remords.

On en apprend "plus", car il s'agit véritablement d’éléments créés de toute pièce par les scénaristes - comme cette suite n'est ici pas adaptée d'un roman - sur ces personnages, cela visiblement pour mieux comprendre leurs agissements. Pour certains, un passé sorti de derrière les fagots arrive comme un cheveu sur la soupe et rend le tout complètement absurde et incohérent (même si quelques pirouettes scénaristiques tendent à faire comme si de rien n'était). Pour d'autres, ces révélations ont clairement pour vocations de justifier voire légitimer certaines de leurs actions ou au moins les expliquer, leur donner un sens et montrer au spectateur que lui aussi, dans de pareilles circonstances, il aurait agit de la sorte. Après tout, la si parfaite Hannah n'était pas si parfaite que cela, n'est-ce pas? On nous le montre bien? Elle baisserait presque dans notre estime, non?

Il semble que tout le monde ait une dette envers tout le monde dans cette histoire, c'est dingue! Il en faut sacrément, des arguments, pour que certains se sortent ________ du fauteuil et agissent pour défendre ce qui leur semble juste! Que ce ne soit pas simple pour tous, d'accord, mais il se sont vraiment passé le mot dans ce lycée.

D'autres éléments m'ont particulièrement irritée. Comme le fait que certains personnages insistent, harcèlent voire obligent quelqu'un à témoigner. Le pire, c'est que ce n'est pas pour venir en aide à la personne elle-même (vaste hypocrisie soyons honnête...) mais encore et toujours pour Hannah. Parce que Clay a beau être droit, gentil, honnête et tout ce qu'on voudra, il voue à Hannah une véritable obsession (liée à sa culpabilité), et cela le pourri et détruit tout autour de lui.

En soi, cette saison me semblait jusqu'alors répétitive, un brin ennuyeuse et plutôt décevante.

C'est ainsi qu'on nous offre une scène de torture particulièrement violente, choquante et complètement gratuite afin que l'on comprenne mieux les actes qui seront ensuite commis par l'un des personnages. Car oui, selon le réalisateur, il fallait une scène scène réaliste et dure pour que le spectateur ressente de l'empathie pour ce personnage qui, jusqu'à présent, n'était apparemment apprécié.

Donc ça marche comme ça maintenant?
On doit violer et mutiler les gens pour qu'ils gagnent des points et que le public ressente de l'empathie, sérieusement?

De l'ennui je suis passée à la colère. Je me suis sentie trahie. Trahie par cette production qui se vente de prévenir et dénoncer la violence subie au quotidien par des millions de personnes sur Terre. Pourtant, cette série n'offre rien. Pas d’échappatoire, d'alternative, de solution possible, d'aide...
Cette série délivre un message : la monde est injuste et cruel, on nait seul et on meurt seul. Des gens nous aime mais ce n'est pas suffisant. Si vous souffrez, rien n'y fera, personne ne vous sauvera.

Beaucoup ont été choqués par cette fin. Les ripostes aux commentaires sur internet ont été violente (c'est bien, visiblement les gens ont été sensibles au message que semblent vouloir délivrer les studios!), prétendant que c'était le monde réel et qu'il fallait cesser de vivre chez les Bisounours.

Un mot à tous ceux-là : je SAIS que le monde est cruel. Violent. Monstrueux, même. Sans pitié. Cela ne m'empêche pas d'être quotidiennement choquée par ce qui s'y passe, par les horreurs perpétrées par l'Homme. Je n'ai pas besoin de voir de mes yeux la violence pour qu'elle me touche, pour que j'aie conscience de son existence.
Pourtant je sais que ce monde, aussi détruit soit-il, cache sous ses cendres les plus belles des merveilles. Le courage, la résilience, le pardon, l'espoir, la solidarité et l'amour. C'est en s'accrochant à tout ça, en continuant à y croire qu'un avenir meilleur peut-être envisagé.
Alors par pitié, arrêtez de nous montrer des séries qui ne montrent que le pire de notre espèce, en égrenant quelques belles choses de la vie avant de les piétiner plus encore après (comme vous l'avez fait sans vergogne lors des dernières minutes du dernier épisode...).
Je ne pense pas que cela aide qui que ce soit.
Mais cela reste mon avis.

Alors s'il te plait, cher lecteur, excuse-moi pour cette colère que je n'ai pas pu contenir même plus d'un mois après avoir vu cet épisode. J'ai fait de mon mieux. Mais si tu le peux fais-moi part de ton avis avec bienveillance et je le lirai avec plaisir.

mercredi 11 juillet 2018

H2T au Renard Doré ou comment la passion fait naître de superbes projets


Lundi 9 juillet, je me suis rendue à une séance de dédicace au Renard Doré afin de rencontrer quatre auteurs de mangas publiés chez H2T. Qu'est ce que le Renard Doré? Qu'est ce que H2T? Je vous en parle de suite...


Le Renard Doré, c'est cette librairie dont j'ai entendu parler sur le net il y a quelques mois, complètement par hasard. Le Renard Doré a ouvert ses portes le samedi 5 mai au 41 rue Jussieu à Paris. Spécialisée mangas et culture japonaise, cette librairie propose régulièrement des ateliers et animations variées et accessibles à tout âge. Derrière ce projet fou dont le décor semble tout droit sorti d'un film des Studios Ghibli se cache Mickaël, qui a travaillé plusieurs années à l'hôpital en tant que psychologue avant de réaliser son rêve et vivre de sa passion. Lui et sa troupe de renardeaux - parmi lesquels Amandine, libraire spécialisée - se feront un plaisir de vous faire découvrir leurs titres favoris!

Bref, ce lieu est devenu mon nouveau quartier général, si bien que je ne traine plus au boulot et me précipite dès que je peux pour me rendre aux évènements organisés (atelier onigiri, soirée de lancement, etc.).

Redjet, Rossella Sergi, Caly
Forcément, lorsqu'une séance de dédicace a été annoncée même sans en connaître les détails j'ai voulu m'y rendre. C'est ainsi que j'en ai appris un peu plus sur une maison d'édition qui apparait de plus en plus sur le net : H2T.
H2T ou l'Hydre à 2 Têtes est une maison d'édition française spécialisée dans la création de bandes dessinées originales depuis 2016. Les projets sélectionnés sont pré-publiés sur WeeklyComics.fr avant d'être adaptés et reliés pour la vente en librairie et sur internet. Par ce biais, de nombreux artistes européens ont l’opportunité de partager leur travail et être reconnus en tant qu'auteurs de BD, mangas et romans graphiques. Cette année, les éditions H2T ont rejoint Pika Édition ce qui laisse présager la naissance de nouveaux projets prompts à nous faire rêver!

Caly
Art-Of-K




















Lors de la Japan Expo 2018 et ce lundi 9 juillet ce sont donc quatre de ces auteurs qui sont venus à la rencontre de leurs (futurs) lecteurs. C'était un merveilleux moment durant lequel on a pu échanger avec d'autres passionnés, nos libraires préférés, les auteurs et les éditeurs présents. C'est assez magique ces instants durant lesquels les gens se rapprochent sans se connaître, juste parce qu'ils ont un point commun qui les a menés ici et maintenant prendre part à cet évènement. 

Hana no Breath, Tome 1
~ Caly
Shojo, série terminée en 2 tomes
Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi... Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année! Intelligent, sportif, un peu plus âgé qu'elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille ?!


Euterpe, Tome 1
~ Art-Of-K
Josei, série terminée en 2 tomes
A la mort de son grand-père, Jon, jeune pianiste de génie en pleine dépression retourne dans la maison de son enfance pour se reposer et s’éloigner du monde du spectacle. A peine est-il arrivé qu’une série d’étranges événements vient troubler le calme de la vieille maison: le soir il entend quelqu'un jouer du piano mais ne voit personne. Croyant reconnaître la manière de jouer de son grand-père décédé, Jon se lance à la poursuite de ce fantôme qui ne cesse de le hanter. Il tombe alors nez à nez avec Kal, une adolescente se proclamant la dernière élève de son grand-père disparu, et qui ne supportera pas la présence du jeune prodige.

 Deep Scar, Tome 1
~ Rossella Sergi
Shojo, série en cours
Sofia est une jeune femme candide qui aspire à plus d’indépendance. Elle emménage à Turin pour sa 1ère année universitaire loin de sa famille et de son petit ami Luca.
Or, sa nouvelle colocataire, Véronica, mène une vie bien différente de la sienne: elle préfère les soirées bien arrosées en compagnie de beaux garçons, aux soirées tranquilles de la jeune étudiante!
Mais Luca redoute l’influence de Véronica et de son entourage sur Sofia, et en particulier la présence de l’énigmatique Lorenzo qui semble s’intéresser d’un peu trop près à sa petite amie…

 Space Duck
~ Redjet
Shonen, one-shot
Simpleville, un lieu bien tranquille où il ne se passe jamais rien...ou presque. C'est dans l'école maternelle de la ville que RG rêve de voyager dans l'espace et d'explorer l'univers en vivant des aventures infinies. Sauf que, le jeune RG, est en fait... un canard!
Un canard maladroit et secrètement amoureux de Axelis, l'une des enseignantes qui elle aussi a une passion pour l'espace. Mais RG devra faire face à Météor, une dangereuse organisation qui veut conquérir le monde et l'univers tout entier! La détermination de RG, son sens de la justice et le désir de protéger ceux qu'il aime mettront le timide canard sur le chemin de cette terrible organisation...

C'est tout pour ce petit compte-rendu, j'espère que cela vous aura plu et donné envie de découvrir tant les éditions H2T que la librairie Le renard Doré si vous ne les connaissiez pas encore. Mes avis sur ces quatre mangas arriveront au fur et à mesure de mes lectures sur instagram (je rédige des articles après plusieurs tomes ou à la fin d'une série). Je vous parle déjà de Hana No Breath que j'ai vraiment adoré.

A très bientôt!








mercredi 27 juin 2018

Love, Simon (2018) - Greg Berlanti

Bonjour à tous!
Aujourd'hui sort en salle Love, Simon, adapté d'un véritable coup de cœur littéraire! Ayant vu peu de temps après l'adaptation de A comme aujourd'hui qui traite - même si c'est de manière très différente - la question de l'adolescence et de la quête d'identité, j'ai trouvé judicieux de vous en parler juste après.


Adapté de Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens de Becky Albertalli.

Pour commencer : le casting est au top! J'ai retrouvé avec plaisir chaque personnage qui avait su me toucher dans le roman.
Une bande de super copains qui vivent leur dernière année de lycée dans une ambiance joyeuse loin de ces futiles questions de popularité qu'on croise trop souvent dans ce genre de registre. Simon a un secret, il est gay. Il n'ose pas en parler de peur que ses proches changent de comportement à son égard et la seule personne à être au courant, c'est Blue, son mystérieux correspondant sur le net dont il est plus ou moins amoureux. Voilà, c'est le secret de Simon. Pas un poids qu'il traine, pas une souffrance qui le ronge, juste son secret.
Love, Simon est une œuvre fraiche et divertissante mais il m'a finalement manqué beaucoup de choses qui, pour moi, rendaient le roman unique et certains changement m'ont un peu déplu... Blue est plus présent dans le roman, la révélation de son identité est plus authentique que cette scène un brin trop hollywoodienne pour moi, sans compter le personnage de Martin qui m'avait semblé plus nuancé et devient ici une caricature du pauvre type horripilant sans le moindre scrupules... Vous l'aurez compris, quelques éléments m'ont chiffonnée. Ce ne sont pas des défauts à proprement parler mais des éléments qui m'ont fait paraitre le film plus commun que ne l'est le roman. Ce qui paraissait si simple dans l’œuvre littéraire, comme le père maladroit quant à l'homosexualité, la découverte du secret de Simon par ses amis etc. deviennent tout de suite tellement excessifs... et même dramatiques, ce qui dérobe à l'histoire un peu de son feel-good que j'avais pris de plein fouet lors de ma lecture passionnée.
Cet avis est décousu, mais il y a une raison à cela : le roman est pour moi absolument parfait. J'ai tout aimé de la première à la dernière ligne, j'aurai du m'attendre à être insatisfaite de son adaptation quoi qu'il en soit, mais je me suis laissée influencer par ce flot d'avis enthousiastes lors de la projection en avant-première. Honte sur moi.
N'hésitez donc pas, allez le voir! Car c'est une belle histoire d'amour et d'amitié, de famille et de lycée, de découverte et d'acceptation de soi, de courage et d'espoir.

Suite à cela, je voulais vous toucher deux, trois mots au sujet de Every day qui, sous ses airs un brin SF (se réveiller chaque jour dans un corps différent, ce n'est pas commun...) semble défendre le droit d'aimer qui l'on veut qui que l'on soit. Il n'est bien malheureusement pas sorti en France et aucune date n'est pour le moment annoncée.

Every Day (2017) - Michael Sucsy
Adapté de A comme aujourd'hui de David Levithan. 
Difficile de donner un avis très construit étant donné que j'ai lu le roman il y a quelques années. J'en garde un excellent souvenir tout particulièrement pour sa problématique qui amène à des réflexions passionnantes.
A se réveille chaque jour dans la peau de quelqu'un de différent, même âge et même zone géographique. Un jour il intègre le corps du petit ami de Rhiannon. Pour la première fois, A veut garder contact avec cette personne et rester "lui". Il est question de tomber amoureux d'un être, d'un individu pour ce qu'il est intérieurement, pour son âme, quel que soit son physique, quel que soit son genre. C'est joliment tournée au travers d'un film d'amours adolescentes qui parvient à toucher par sa douceur. Dans mon souvenir le roman était très intéressant mais j'avais rencontré quelques difficultés avec la plume de l'auteur. Le film m'a semblé plus fluide et simple que l'était le roman dans mon souvenir mais je ne saurais dire quels détails ont été modifiés.

Voilà, j'espère que ce petit article vous aura plu! N'hésitez pas à partager votre avis si vous avez vu l'un de ses films et/ou lu les romans dont ils sont tirés. Sur ce, je vous souhaite une belle journée.

 

lundi 4 juin 2018

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens - Becky Albertalli



Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :
1/ Ils fréquentent le même lycée.
2/ Blue est irrésistible.
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)
Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…
Avec toute la communication autour de Love, Simon, difficile de passer à côté de l'évènement. Très sincèrement, à sa première parution, ce roman ne me tentait pas plus que ça. Puis mes lectures ont évolué... et la sortie prochaine au cinéma a finit de me convaincre qu'il était plus que temps pour moi de me plonger dans cette histoire.

J'ai fait la connaissance de Simon. J'ai appris à l'apprécier puis à l'aimer sincèrement. Parce que Simon est un jeune homme  drôle, surprenant, créatif, sensible et authentique. Le voir tomber amoureux un peu plus à chaque mail échangé avec Blue est un régal.
N'est-ce pas magnifique, cette idée d'aimer une personne pour ses mots, ses pensées, cette âme qu'elle expose sans filtre à travers de longs échanges écrits avec un parfait inconnu?
J'ai deviné dès sa première apparition la véritable identité de Blue et j'étais aux anges lorsque ma théorie s'est confirmée!
Les mails que s'envoient Simon et Blue sont un véritable régal! Ces folies qu'ils partagent, leurs grands discours sur l'homosexualité, leurs flirts à peine dissimulés... non vraiment j'ai adoré. 
"Tu ne trouves pas que tout le monde devrait en passer par le coming-out ? Pourquoi l’hétérosexualité serait-elle la norme ? Chacun devrait déclarer son orientation, quelle qu’elle soit, et ça devrait être aussi gênant pour tout le monde, hétéros, gays, bisexuels ou autres. Je dis ça je dis rien"
Concernant les personnages secondaires, je les ai trouvé chouettes. Pas de coup de cœur de ce côté là. Les amis et la famille de Simon sont présents, humains, sincères, touchants. Je m'attendais à ce que Leah ait un peu plus d'importance alors qu'elle m'a semblé rapidement s'effacer. Mais qu'importe.

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens est une petite bulle d'oxygène, une dose de bonheur en intraveineuse, un roman feel-good qui vous colle un sourire sur la face dont vous ne pourrez plus vous défaire. C'est drôle, frais et bienveillant. C'est doux et aérien, paisible et chaleureux. Bref, une merveilleuse surprise à laquelle je ne m'attendais absolument pas.

lundi 28 mai 2018

Le noir est ma couleur, Tome 1 : Le pari - Olivier Gay


Normalement, Alexandre le bad boy du lycée n'aurait jamais prêté attention à Manon l'intello du premier rang. Pourtant, à la suite d'un pari, il a décidé de la séduire.
Normalement, Manon n'aurait jamais toléré qu'Alexandre vole à son secours. Pourtant dans l'obscurité d'une ruelle, sa présence s'est révélée décisive.
Alexandre doit se rendre à l'évidence. Rien n'est normal dans cette histoire.
Manon acceptera-t-elle qu'il entre par effraction dans son univers?
Deux destins liés malgré les apparences...
Dans ce premier volume, Manon ne se découvre pas de fabuleux pouvoir qui vont changer sa vie, elle les connait et les développe depuis son plus jeune âge. Plus tôt que ses frère et sœur ce qui ne la rend pas peu fière. Studieuse à l'école ordinaire comme à celle qu'elle mène à la maison, celle qui lui enseigne l'art de manier les couleurs, Manon n'a que peu de liens avec les gens qui l'entourent exceptée Héloïse sa meilleure amie.

Le choc occasionné par la rencontre forcée avec Alexandre, le beau gosse du lycée aux airs rebelles n'en est que plus exquise. Olivier Gay l'indique lui-même à la fin de son ouvrage : c'est Grease qui lui a inspiré cette histoire. Sauf que Manon n'est pas Sandy et il lui faut bien plus qu'un sourire charmeur pour lui faire baisser sa garde. Comme si elle n'avait que cela en tête avec les Mages Noirs qui hantent les rues de sa ville!

La plume d'Olivier Gay est fluide et agréable si bien qu'on ne voit pas les pages défiler. C'est drôle et bien rythmé, riche sans être prise de tête, de quoi passer un excellent moment de lecture au cœur d'un univers magique et original. J'ai grandement apprécié les dialogues brut et crédibles, bien loin de ceux que l'on retrouve habituellement et ne passeraient jamais à l'oral.

J'ai aimé retrouver certains "codes" que l'on croise souvent au cinéma ou dans la littérature mais que j'affectionne toujours autant comme la fameuse rencontre entre miss parfaite et bad boy, des méchants en bande au look men in black et la menace de sacrifice et d'amnésie qui fend l'âme mais rend l'intrigue d'autant plus excitante. Certains les qualifient de clichés, là je trouvent qu'ils sonnent comme des clins d’œil à une certaines pop culture que pourraient affectionner tant l'auteur que ses lecteurs, comme un secret partagé (et je valide l'évocation de Mika!). 

Bref, je n'aurais pas pensé me prendre autant au jeu. Il s'agit d'un roman jeunesse qui ressemble à mes lectures d'il y a quelques années et sur laquelle je suis tombée par hasard à l'occasion du Challenge NetGalley. Et vous savez quoi? Je pense bien lire la suite quand l'occasion se présentera et même d'autres titres du même auteur dont beaucoup me font déjà de l’œil!

dimanche 27 mai 2018

Les Petites Reines - SOY CREATION


Les Petites Reines est une pièce adaptée par Rachel Arditi et Justine Heynemann du roman de Clémentine Beauvais (dont je vous parle ICI). Elle est mise en scène par Justine Heynemann avec Rachel Arditi en alternance avec Pauline Jambet; Barbara Bolotner; Manon Combes; Mounir Margoum en alternance avec Sylvain Sounier; Clara Mayer en alternance avec Yasmine Nadifi.

Les Petites Reines sera en représentation au Théâtre Tristan Bernard du 23 mai au 1er septembre 2018.
Nomination pour les Molières 2018 du jeune public.

 
Mireille, 16 ans, est élue depuis trois ans, Boudin d’Or de son lycée, mais cette année, Ô surprise elle est seulement Boudin de Bronze !?
Elle part à la rencontre d’Astrid et d’Hakima, respectivement Boudin d’or et d’argent. Les trois jeunes filles, pourtant très différentes, se lancent alors un improbable défi : s'inviter le 14 juillet, à la Garden-Party de l’Elysée.
C’est à vélo qu’elles décident de rejoindre Paris et sa présidentielle pelouse! Commence alors  un road-trip déjanté, jalonné de rencontres insensées où chacune s’interroge sur la différence, l’intolérance et l’exclusion.
Un voyage où le rire jaillit comme une claque à la bêtise et qui fera de nos héroïnes de véritables petites reines.


Avec cinq acteurs sur scène et une énergie débordante, la troupe de Soy Creation parvient à adapter le merveilleux roman de Clémentine Beauvais avec un brio qui laisse admiratif. C'est sur le ton de la comédie que sont abordés de lourds sujets tels que le harcèlement et l'exclusion. Mireille (brillamment interprétée par Manon Combes) nous embarque à travers les routes de France avec son humour détonnant et son enthousiasme à toute épreuve qui cachent en réalité une grande sensibilité. Le reste de la troupe n'est pas en reste avec des acteurs aussi drôles qu'émouvants dont certains jouent plusieurs personnages à la fois avec une aisance surprenante.

En bref, Les Petites Reines est un incontournable de l'été qui s'annonce frais et réjouissant, suffisamment pour vous faire verser une petite larme et plaquer un sourire sur votre visage.

samedi 26 mai 2018

Le prince et la couturière - Jen Wang

Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse… De son côté, Sébastien est trop occupé à garder son identité secrète à l’abri des regards indiscrets. La nuit, il revêt les tenues les plus folles et part conquérir Paris sous les atours de l’époustouflante Lady Crystallia, l’icône de mode la plus courue de toute la capitale !
Sébastien a une arme secrète : sa couturière, Francès, une des deux seules personnes à connaître son secret, et sa meilleure amie. Mais Francès rêve de s’accomplir par elle-même, et rester au service du prince lui promet une vie dans l’ombre… pour toujours. Combien de temps Francès supportera-t-elle de vivre dans le boudoir de Sébastien en mettant ses rêves de côté ?
Comment rendre justice à cette merveille de papier et d'encre?
Le prince et la couturière est pour moi une œuvre complète qui fait du bien au cœur et à l'esprit...
Jen Wang explique avoir choisit des personnages adolescents car "les personnages découvrent des choses sur eux-mêmes pour la première fois, ce qui les rend plus innocents et plus émotifs". Et en effet, c'est troublant de voir évoluer ces deux jeunes gens ayant grandit dans des sphères totalement différentes et pourtant en venant à s'entraider, devenir amis et se laisser porter par leur passion.

Le thème central de cette œuvre reste la quête d'identité. Francès vit pour et par la couture, chacun de ses souffles en dépend car elle dit elle-même craindre de s'effacer si elle venait à s'arrêter. Elle a néanmoins conscience de ton talent, des capacités qui sont les siennes et lui permettent de créer des choses audacieuses. C'est de la création d'une robe qui fait scandale que nait son ambition de devenir bien plus qu'une paire de mains parmi tant d'autres au sein d'un atelier. Il s'agit d'une jeune femme courageuse et droite qui, même si elle fera passer sa fidélité avant tout ne se laissera pas pour autant marcher sur les pieds et laisser croupir son rêve aux oubliettes... même s'il devient difficile de choisir entre faire ce qu'elle aime ou obtenir la renommée par un travail qui ne lui ressemble guère.


Quand à Sébastien, il y a aussi tant à dire! Ce garçon destiné au trône n'ose s'opposer à ses parents qui lui présentent l'une après l'autre toutes les princesses en âge de se marier. C'est dans ces moments-là, qu'il joue un rôle et non sous le nom de Crystallia qui lui offre la liberté qu'il craint perdre définitivement une fois devenu Roi. Comment les autres pourraient-ils comprendre son bonheur de porter de somptueuses robes de haute couture? D'exprimer son individualité et son originalité à travers le prodigieux travail de Francès?
Cette dernière ne le juge pas un seul instant. Elle n'est aucunement choquée, tout juste étonnée, lorsqu'elle découvre le secret du prince héritier du royaume. Ce pourquoi Francès sera durant longtemps la seule personne à véritablement le connaître, l'aimer tel qu'il est, qui qu'il soit, Sébastien ou Crystallia.

Bref... Je ne révèlerai rien de plus, seulement que cette bande dessinée est un condensé d'émotion porté par des personnages dont l'authenticité vous frappe en plein cœur! C'est tout simplement beau et fort, un vrai bonheur de bout en bout. Qu'importe que la fin puisse sembler un brin naïve ou idéaliste : ça fait du bien et il y a des jours où l'on en a sacrément besoin!

Pour un autre avis plus complet mais tout aussi enthousiaste je vous recommande la vidéo de Sita dont j'adore le travail ICI.

En vous souhaitant de belles lectures!