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samedi 28 avril 2018

Les filles de Roanoke - Amy Engel

Dans une petite ville du Kansas, les filles Roanoke sont enviées de tous. Belles, jeunes et riches, elles vivent avec leurs grands-parents sur le domaine familial, au cœur des champs de blé. Quand Allegra disparaît, après la fin tragique qu'ont connu Camilla, Penelope et Eleanor, toutes filles de la lignée Roanoke, sa cousine Lane part à sa recherche. Elle découvre de sombres secrets de famille.
Lors du prologue de Les filles de Roanoke, on s'attend à mener l'enquête, partir à la recherche des sombres secrets qui hantent les murs de Roanoke. Pourtant, lorsque Lane revient dans cette maison où elle n'a passé qu'un été dix ans auparavant, elle brise la glace, attaque de front les tabous de cette famille pervertie. Ainsi, c'est très rapidement que je me suis doutée du fin mot de l'histoire, de son dénouement, et ai ainsi compris que l'enquête elle-même n'était pas véritablement le but de ce roman.
L'auteure traite ici la psychologie de chacun de ses personnages avec minutie.
Lane a conscience de la nature du mal qui ronge Roanoke et ses filles, c'est d'ailleurs pour cela qu'elle en est partie. Mais elle découvre à ses dépends combien l'histoire de cette famille est ancrée en chacun de ses membres, elle comprise.
J'ai trouvé importante la manière dont l'auteure semble défendre certaines idées. A plusieurs reprises, cela est pointé du doigt et rediscuté au travers des réflexions de l'héroïne : ce qui parait être un l'amour interdit n'est ici qu'une prison battit sur des années de solitude, d'abandon et de souffrance. Chacune des filles de Roanoke subissent la même emprise, sont victime d'une manipulation à base de tendresse et de sourire qui leur donne un temps le sentiment d'être unique et de n'exister que pour cette seule raison.
On ne parle pas de viol. Pourtant il parait clairement dénoncé. Plusieurs fois sont évoquées les notions de responsabilité, de culpabilité et de vulnérabilité. Qu'importe le consentement manifeste de chacune de ces femmes à l'enfance bafouée, elles sont victimes d'une emprise contre laquelle il leur était impossible de lutter.
Amy Engel nous offre une plume toujours aussi addictive, ici bien plus crue et violente que celle qu'on lui a connue dans The Book of Ivy. Le lecteur est pris au piège par cette ambiance lourde et chaude d'une bourgade du Kansas où tout le monde sait mais chacun se tait. Elle traite d'une histoire terriblement malsaine, mais l'écriture de l'auteure nous montre qu'elle-même ne l'est pas. C'est un point important à savoir qu'elle ne légitime en aucun cas les actes sordides qui sont évoqués dans son roman, bien au contraire.

En somme, une lecture intéressante assez éloignée de ce que j'ai l'habitude de lire. C'est oppressant et dérangeant, ce qui ne plaira certainement pas à tout le monde. Lane est d'une franchise assez brutale qui permet de dynamiser un récit où règnent le mensonge et le tabou. L'alternance entre passé et présent ainsi que l'intégration de courts textes sur chacune des filles de Roanoke m'a plu. La fin m'a laissé un goût d'inachevé, de tristesse et de vies perdues en vain. Non, ce roman est loin d'être rose. J'aurais souhaité que les sujets forts et intéressants qu'il aborde soient traités différemment, par un autre biais, car certains éléments m'ont semblé vide de sens. Néanmoins cela reste une relativement bonne lecture. Pas véritablement agréable car particulièrement glauque, mais une bonne lecture.

dimanche 18 juin 2017

The Book of Ivy, tome 2 : The Revolution of Ivy - Amy Engel


 // Éditions Lumen // 322 pages // (Grand format)
// Éditions Pocket Jeunesse (Best Seller) // 282 pages // (Petit format)
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J'ai tout perdu. Mon foyer. Ma famille. L'homme que j'aime.
Ce serait si facile de capituler, de fermer les yeux et d'attendre que la faim et la soif et raison de moi. Ou bien qu'une bête sauvage me trouve. Ou même un autre survivant... Mais je refuse d'abandonner. J'en ai terminé avec la lâcheté. Il est temps pour moi d'agir, enfin.
Bishop me l'avait bien dit, cet univers hostile ne pardonne pas la moindre erreur. Et au-delà de la barrière, c'est encore pire. L'hiver approche, et si je veux survivre, il va me falloir trouver de l'eau, des vivres, un abri. D'autres condamnés avec lesquels m'allier. Mais surtout, je vais devoir faire un choix : dois-je oublier ma vie d'avant, me venger de ceux qui m'ont trahie... ou mener, purement et simplement, la révolution ?
Car je ne suis plus une Westfall, ni une Lattimer. Simplement Ivy. Et je suis enfin libre.
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Mon avis
Clairement, ce second et dernier opus est à la hauteur du premier ! En y réfléchissant bien, il aurait tout aussi bien été possible de faire de cette duologie un seul et unique volume tant la continuité se fait sans accroc.
J'avais eu vent des premières pages un peu longues contant la solitude d'Ivy par delà la barrière mais cela ne s'est pas révélé gênant pour ma part. J'ai dégusté les nouvelles rencontres et relations que se sont tissées, le retrouvailles douloureuses et déchirantes auxquelles j'ai pu assister.
L'auteur ne fait pas dans la facilité, elle explore les tréfonds de l'âme humaine, elle veut nous chambouler, nous questionner, nous confronter à nos plus grandes peurs, aux interrogations que l'on veut éviter parce que l'on craint la réponse qui pourrait être la nôtre.
Jusqu'à où Ivy, Bishop, chaque personnage, le lecteur... sont-ils prêts à aller ? Pour ramener la paix, sauver ceux qui leur sont chers, défendre leurs plus grandes conviction ?
The Book of Ivy, les deux volumes, utilise les fondamentaux du genre pour aller plus loin. Ce futur faisant suite à notre époque, pauvre en détails sur son fonctionnement et uniquement décrit à travers les yeux de l'héroïne, est finalement un argument pour décortiquer la psychologie de chaque personnage, pour traiter de véritables sujets. L'auteur n'y va pas de main morte pour questionner la quête de soi, la personne que nous sommes réellement, celle que les autres veulent que l'on soi et celle que l'on souhaite être. Il est aussi question de justice, de bien et de mal, et de ce qu'il est bon ou non de sacrifier dans l'intention de faire le Bien. Le droit que l'on a sur la vie d'autrui, la valeur qu'on lui accorde, l'importance donné à l'une plus qu'à l'autre.
J'ai aimé ce combat pour la justice, cette histoire d'amour profondément touchante, ces amitiés sincères et toujours l'espoir d'un avenir meilleur.
Le tout se déclinant au travers d'une plume aussi belle qu'addictive du genre à vous rendre totalement incapable de lâcher votre livre, on obtient un cocktail explosif qui ne vous laisse pas indemne une fois la dernière page tournée.
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Le mini blabla final
Je ne vais pas m'éterniser. Pour moi, The Book of Ivy est une réussite, un univers dans lequel j'ai eu grand plaisir à me plonger, une aventure aux côtés de personnages que j'ai appris à aimer. Je ne peux que vous recommander chaudement cette histoire qui ne se veut aucunement moralisatrice et qui, bien au contraire, nous incite à nous poser de vraies questions.

mercredi 7 juin 2017

The Book of Ivy, tome 1 - Amy Engel

  
// Éditions Lumen // 342 pages // (Grand format)
// Éditions Pocket Jeunesse (Best Seller) // 301 pages // (Petit format)

Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.

Mon avis

Une sacrée surprise que cette dystopie qui ne me faisait que vaguement envie (la faute à une overdose du genre) et que j'ai décidé d'entamer suite à l'enthousiasme de deux copines de bookstagram. En quoi The Book of Ivy se démarque des autres titres du genre? Certainement pas par son contexte, parce que l'après guerre nucléaire avec un président tyrannique, c'est du déjà vu.
Non, ce que j'ai aimé, c'est être surprise par les personnages eux-même. Ivy, c'est l'héroïne que j'attendais, qui ne m'est pas sortie par les yeux, qui n'est pas dotée d'un courage sans bornes. Qui a ses faiblesses, les connait mais ne passe pas son temps à s'apitoyer dessus. Alors elle se pose des questions. BEAUCOUP de questions. Sa cause est-elle juste? Qu'est-ce qui la pousse à agir? L'espoir d'un monde meilleur ou le besoin de faire ses preuves? 
Et Bishop. Ô Bishop. Ce n'est pas un irrésistible séducteur mais un charmant garçon, qui en a dans la caboche, a aussi des doutes mais surtout qui se révèle terriblement touchant. Oui, j'ai eu un gros crush pour Bishop, c'est dit !
J'ai grandement apprécié que cette dictature se présente sur le fil d'un rasoir. On est loin de Hunger Games avec ses Districts maltraités et son Président cruel imposant des jeux sordides. Là, le Président n'est pas présenté comme le grand méchant terrifiant auquel on s'attend. Les mariages sont imposés de manière arbitraire, les habitants sont contraints mais acceptent de participer pour le bien de tous, selon le discours présenté. Il y a aussi les condamnations et cette fameuse barrière à ne pas franchir. Le libre arbitre est entravé, malmené, bafoué, mais de manière assez subtile pour qu'on en vienne à se poser des tas de questions sur ce qui nous dérange vraiment dans cette société que pourrait devenir la nôtre.
Je regrette néanmoins qu'on n'en sache pas plus sur la Politique de cet Etat, sur ce que défendent réellement les opposants au pouvoir, car tout m'a semblé nébuleux. On parle sans cesse des adolescentes contraintes à se marier mais il en faut tout de même plus pour maintenir la paix et créer une Révolution.
Pour finir, j'ajouterai que l'histoire d'amour qui fleuris au cœur de ces pages fait partie de celles qui m'ont le plus touchée dernièrement. J'ai été émue, chamboulée, transportée, et ces deux personnages ont su - sans sombrer dans les clichés qui m'exaspèrent - réveiller l'éternelle romantique fleur bleue qui sommeille en moi. Ajoutez à cela une plume travaillée, poétique et dynamique... la carton est plein!

Un dernier mot pour la route...
Je meurs d'envie de me jeter sur le tome 2 qui n'est pas à cette heure en ma possession. J'ai aussi quelques appréhension après avoir croisé de nombreux avis divergents. J'ai été tellement happée par ce volume que je crains une baisse de régime pour le suivant. Tant pis, je prendrai le risque !