mardi 6 juillet 2021

Young Royals - Saison 1 (2021)



Le 1er juillet a débarqué sur Netflix Young Royals, séries suédoise en 6 épisodes. Moins de promotion que ses concurrentes américaines, pourtant elle a déjà fait chavirer bien des cœurs en à peine un weekend. Souvent comparée à Élite et Gossip Girl, uniformes et gosses de riche oblige, la comparaison s'arrête là.

Young Royals se veut plus authentique, très axé sur les émotions, les sentiments, la découverte de soi, de ses désirs et sa sexualité. La royauté est une toile de fond qui sert de prétexte dramatique au terrible choix que devra faire notre héro : le devoir ou l'amour? Okay, c'est hyper cliché, mais moi je suis complètement vendue à la cause. Wilhelm et Simon sont tellement doux et touchants que j'ai senti mon cœur se liquéfier bien des fois.

Après avoir fait la une de la presse à scandale, Wilhelm, prince de Suède, est envoyé dans la prestigieuse écolé d'Hillerska où tous les membres de sa famille ont fait leur scolarité. 
Le jour de son entrée, alors que son nom est sur toutes les lèvres, c'est Simon qui va attirer son attention, un élève boursier à la voix angélique mis de côté par ses pairs.

Il n'est pas question QUE de leur romance, puisqu'on va aussi évoquer relations toxiques, pression familiale, conduites à risque, pornodivulgation, outing, deuil... Mais il est aussi question d'amour et d'amitié avec de superbes relations qui naissent malgré le prétendu obstacle des classes sociales et la bienveillance de certains personnages qui vont prendre des risques pour le bien de ceux auxquels ils tiennent.
Une jeune femme se définie comme "Asperger", je serai curieuse de savoir ce que pensent les personnes concernées de la représentation que l'actrice en offre.




J'ai particulièrement apprécié que la plupart des acteurs aient vraiment l'air d'adolescents, ils font jeunes, certains ont de l’acné, ils ne sont pas tous bodybuildés comme c'est si souvent le cas. Ça ajoute une certaine crédibilité à cette série en plus de l'indéniable alchimie qui existe entre les deux acteurs principaux. Ajoutez à cela que, certes, on parle de sexe, mais on n'enchaîne pas les parties de jambes en l'air pour combler les vides. Ça fait du bien.

Bon. Vous l'aurez compris, je suis conquise, j'ai vraiment adoré, j'ai super hâte d'avoir la suite et je commence à me dire que les séries nordiques sont faites pour moi... (coucou Love & Anarchy!).

mercredi 24 mars 2021

Ginny & Georgia - Saison 1 (2021)


Bon, okay, c'est dit : j'ai a-do-ré.
"Ginny & Georgia" est une série créée par Sarah Lampert pour Netflix qui compte actuellement une saison de 10 épisodes.

Georgia vient s'installer à Wellsbury avec ses enfants, Ginny et Austen, suite au décès de son mari dont elle est l'unique héritière de sa fortune. On alterne entre événements du présents et flashback qui révèlent des éléments du passé de Georgia qui s'est retrouvée mère à 15 ans et a dû se battre pour s'en sortir.

Ce qui m'a énormément plu dans cette histoire, ce sont les personnages que j'ai trouvé variés et extrêmement bien construits, sans manichéisme.
À aucun moment on n'essaie de trouver d'excuse à Georgia. Elle a fait ce qu'elle devait pour s'en sortir le moment venu, quels que soient les moyens employés, aussi discutables et illégaux soient-ils, et rien ne peut l'empêcher de parvenir à ses fins.

Ginny m'a souvent exaspérée et en même temps j'ai trouvé que c'était un excellent personnage : brillante, passionnée, impulsive, révoltée envers la société, sa mère et elle-même, débordante d'amour pour sa famille et ses amis malgré ses insécurités permanentes (et elle se révèlera aussi bien des fois carrément problématique).

Mais clairement, mon cœur a complètement chaviré pour les jumeaux, Marcus et Maxine, qui vont être les deux êtres auxquels Ginny va le plus s'attacher et qui vont lui rendre cette affection au centuple, avec leur maladresse et les inévitables malentendus de la vie. Maxine est une jeune femme qu'on pourrait qualifier d'excentrique mais elle est surtout terriblement attachante et d'une authenticité inouïe. Marcus est presque son opposé, à garder tout pour lui, et malgré mes réticences à son égard au début j'ai bien fini par me laisser séduire (on en parle de ce regard, là?).

Bref, un sans faute pour moi malgré un dernier épisode légèrement en dessous des autres à mon sens, la faute à des réactions que j'ai trouvé complètement excessives de la part de certains personnages face aux différentes révélations qui ont lieu (sauf Ginny qui, pour une fois, me semble assez posée et réfléchie dans ses décisions).

Cette série, malgré son côté un brin WTF osé aborder sans détour pas mal de problématiques adolescentes avec beaucoup de justesse, comme les premiers rapports sexuels (en passant par le plaisir, la contraception...), les comportements à risque, la santé mentale (attention, il est question de dépression, idées suicidaires et automutilation), le besoin de trouver sa place au sein d'un groupe social... avec ces moments durant lesquels Ginny et Hunter parlent de leur confrontation personnelle au racisme qu'ils subissent, un élément qu'ils partagent et à la fois qui les opposent.

Le personnage d'Abby est assez mystérieux et complexe dans son rapport à son propre corps mais aussi dans sa relation aux autres, j'espère qu'on en apprendra plus sur elle par la suite car son ambivalence m'a pas mal perturbée.

Bref... j'ai réussi à vous en parler sans vous spoiler. Il y a beaucoup de personnages secondaires que j'ai beaucoup aimé comme Ellen, Zion, Paul et Joe mais je n'aurais jamais la place pour en parler !

En somme, une série à mi-chemin entre la love story pour ado et le thriller qui a su m'émouvoir (okay, il en faut pas beaucoup) et me faire rire (je plaide coupable là aussi) mais aussi me surprendre. Je m'attendais à une pâle copie de "Gilmore Girls", j'étais bien loin du compte !

Connaissez-vous "Ginny & Georgia"?
Cette série vous tente?
Quelle est votre série du moment?


mercredi 3 mars 2021

Parler comme tu respires - Isabelle Pandazopoulos


// Editions Rageot //
// 320 pages //

Depuis son entrée au CP, Sybille bégaie.
À la fin de son année de Troisième, elle doit faire un choix d'orientation et celui-ci sera bien éloigné de ce que son entourage avait envisagé pour elle.

Il s'agit là d'un roman très riche, porteur de nombreux messages, abordant bien des sujets si bien que je ne lui aurais pas boudé quelques pages en plus !
J'avais peur que le bégaiement de Sybille ne soit qu'un prétexte tire-larme pour conter comment une victime de la vie fait face à l'adversité mais il n'en est rien.

Sybille déteste qu'on l'appelle "Sissi", surnom qu'on lui a donné suite à des moqueries, pour simplifier son prénom qu'elle n'arrivait pas à prononcer.
Elle ne supporte pas cette oppressante attention dont elle fait constamment l'objet de la part de ses parents inquiets.
Elle hait qu'on la ménage, qu'on la traite comme une pauvre petite chose fragile.
Car Sybille est une adolescente brillante, passionnée, authentique, qui ressent bien plus de colère que de peur contrairement à ce que l'on peut croire. Ainsi grandi en elle une violence dont elle ne se serait jamais crue capable.
Et elle atteint un point de non retour.

Je ne vais pas aller plus loin dans les révélations mais elle fera face au harcèlement, aux non-dits, aux mensonges, au deuil, à la rancœur mais aussi au désir, à l'amour et à sa propre reconstruction.

J'avoue que la relation entre une ado de 16 ans et un adulte de 21 m'a dérangée. C'est évidemment un avis personnel. On n'entre pas dans les détails mais cet écart d'âge n'était pas nécessaire à mon sens.

Sybille a souffert d'être surprotégée - par des parents et amis ô combien aimants - et elle quitte tout pour trouver sa voie mais aussi gagner son indépendance. Alors, oui, qu'elle sorte avec un jeune homme de 21 ans m'a questionnée. A 16 ans et 21 ans on n'en est pas au même point, on n'a pas les mêmes préoccupations ni les mêmes attentes. Balthazar a beau être le garçon le plus doux, gentil et respectueux de la Terre, leur relation n'en demeure pas moins bancale à mon sens. Bancale pour quelques années en tout cas, l'écart s'estompant nécessairement avec le temps. Il a 5 ans de plus, il est majeur, considéré comme un adulte, a bien plus d'expérience qu'elle (sur le plan professionnel, affectif, sexuel). Cela m'aurait frappée de toute manière mais plus encore dans le contexte dépeint par ce roman, avec le vécu de Sybille et ce qu'elle traverse dans ces pages. 

Fort heureusement, ce n'est pas ce à quoi j'ai accordé le plus d'attention car ce que j'ai vraiment aimé, c'est ce parallèle entre la parole et la sculpture, la manière dont Sybille va user de ses mains pour s'exprimer et se révéler. La plume de l'autrice, l'étendue du champs lexical employé pour décrire la rencontre entre Sybille et la pierre, sont un véritable délice. C'est très visuel et à la fois presque viscéral tant le ressenti de notre héroïne est saisissant. Elle va panser ses blessure en modelant la pierre. Outre le fait que cela nous ouvre les yeux sur un monde à part, j'ai trouvé tout cela poétique et salvateur.

En somme une lecture très plaisante, une héroïne battante et un art trop méconnu que j'ai adoré découvrir à travers ces quelques mois d'école aux côtés de Sybille.

Un grand merci aux Éditions Rageot pour l'envoi de ce livre (dont on admire la beauté de la couverture).

lundi 8 février 2021

Normal People (2020)


1 saison

12 épisodes de 30min

BBC Three


C'était fort. Puissant même.
Une histoire en apparence simple, qui démarre sur un socle narratif vu et revu pour s'en détacher complètement par la suite.

Marianne et Connell sont lycéens. Elle est l'intello solitaire mal dans sa peau, il est le sportif populaire qui répond aux attentes de son cercle social. Pourtant, ils vont trouver en l'autre ce dont ils ont besoin, en secret.

On est loin d'une série feel-good, sachez le.
Elle m'a vraiment détruite à certains moments.
Nos personnages souffrent, se croient indignes d'amour, n'arrivent pas à savoir ce qu'ils veulent, sont bouffés d'insécurités, se font du mal sans le vouloir, sont d'une maladresse à fendre l'âme, et avancent tant bien que mal vers l'âge adulte qui ne tient finalement pas ses promesses.

Épisode après épisode, année après année, ils se retrouvent, se séparent, se blessent et pansent leurs maux.
Les relations toxiques, l'anxiété, la dépression, la violence même - morale et physique - croisent leur route. Ce qu'ils traversent est tristement réel, cela risque de parler à beaucoup, mais il est bon d'être avertis avant de se lancer dans cette histoire.

Pas mal de sexe et pourtant aucune scène n'est de trop, elles s'intègrent sans le moindre mal à ce ballet que jouent nos héros, loin du voyeurisme qu'imposent d'autres séries, celle-ci offre des séquences d'amour d'une authenticité désarmante.

Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal sont juste époustouflants de justesse dans leurs rôles respectifs. L'alchimie entre eux à l'écran est palpable. La photographie est d'une grande douceur. Tout tend à nous faire chavirer l'âme et savourer le moindre présent que nous offre la vie. Je viens de terminer, et j'ai le cœur brisé.

Alors, tenté?

mercredi 2 septembre 2020

Le Prince Cruel - Holly Black

// Editions Rageot //
// 531 pages //

A l'heure où je vous écris, nous sommes le 18 mai 2020, voilà une semaine que le confinement a pris fin. Début mars, j'ai eu la chance de recevoir Le Prince Cruel en service presse de la part des éditions Rageot que je remercie mille fois tandis que de nombreux lecteurs ont eu la déception de voir la date de sortie repoussée à septembre.
Jude a 17 ans et vit à la Haute Cour de Domelfe dans le royaume de Terrafæ. Enlevée au monde des mortels lorsqu’elle n’était qu’une enfant et élevée avec ses sœurs parmi les puissants, elle a appris à se protéger des sortilèges et à se battre à l’épée. Pourtant, elle subit jour après jour les moqueries et les insultes. Car elle n’est qu’une humaine, vouée à la mort, dans un monde où règnent les Fæs, créatures sublimes, immortelles… et cruelles. Personne ne la hait plus que le Prince Cardan. Le plus jeune des héritiers de la couronne semble décidé à lui nuire. Jusqu’à la tuer ? Mais Jude, elle, est prête à tout pour gagner sa place à la cour et reprendre le pouvoir sur sa vie. 
Par ou commencer? Déjà, il est bon de savoir que je lis très peu de fantasy. Aussi, j'ai bien peu de supports de comparaison exceptés Harry Potter, Le Château de Hurle et Eragon (que je n'avais d'ailleurs pas énormément aimé).
Je pense avoir traîné de gros clichés sur ce genre littéraire durant des années : un univers très complexe, une liste sans fin de personnages aux noms imprononçables, des quêtes à n'en plus finir... Et je me suis certainement privée de bon nombre de lectures après que les premières pages du Seigneur de Anneaux ou Game of Thrones m'aient fait fuir à toute jambe.

J'en suis donc là, avec mon premier tome entre les mains, celui que j'ai vu passer des milliers de fois sur les réseaux sociaux et cette crainte de m'être laissée influencer en demandant un roman qui ne me correspondait pas.
Pourtant, un soir, je tente l'aventure.
Je fais connaissance avec Jude, Taryn et Vivienne.
Je vais la mauvaise rencontre de Cardan, Valerian, Nicasia et Locke.
J'ai le plaisir de découvrir, page après page, une héroïne - Jude - des plus complexes et passionnantes, de la voir changer, évoluer, avancer. Née humaine, elle ne se sent pas chez elle dans le monde des Hommes, mais n'est pas acceptée dans celui des Fæs qui est sa seule maison. Elle veut enfin trouver sa place, avoir une réelle identité, ne plus être cette entre-deux qui n'existe nulle part.

La relation qu'elle entretien avec Cardan est intéressante. Ils subissent une irrésistible attirance malgré le danger qu'il représentent l'un pour l'autre mais se détestent cordialement pour tout un tas de raisons légitimes et compréhensibles qui rend toute affection impossible dans ce premier tome.
J'ai aimé que Jude soit aussi méthodique et perspicace, parfois même froide et calculatrice pour arriver à ses fins. Elle est aussi passionnée et en lutte avec ses pulsions et l'attachement qu'elle porte à sa famille, de sang et d'adoption, aussi contradictoire cela peut-il lui paraître.

Je n'ai envie de vous spoiler cette lecture d'aucune manière que ce soit, aussi je me contenterai d'ajouter que j'ai été séduite par la plume incisive et efficace, qui laisse planer juste ce qu'il faut de mystère sans cumuler des non-dits et offre des descriptions immersives rendant cet irréel plus vrai que nature.
En espérant que ce récit parcouru de complots et de machinations plus cruelles les unes que les autres saura vous envoûter comme cela a été mon cas, je vous souhaite de belles lectures. 

samedi 4 janvier 2020

Anne with an "E" - Saison 3 (2019)


Saison 3 - 10 épisodes
CBC Television (Canada)
Netflix (international)

Il y a quelques instants à peine, j'ai terminé le dernier épisode de la saison 3 de Anne with an "E", cette série coup de foudre dont l'interruption a choqué tous les fans par son annonce abrupte et inattendue.

Anne with an "E" est une série canadienne adaptée d'une saga de romans écrits par Lucy Maud Montgomery dont le premier des 10 volumes parus entre 1908 et 1920 avait pour titre Anne... la maison aux pignons verts.

J'avais tant espéré que la série durerait encore bon nombre de saisons puisque les romans suivent la vie de notre héroïne bien après qu'elle ait atteint l'âge adulte, et je compte de ce fait m'y plonger tant ma peine de quitter ces personnages est grande.

En effet, la première fois que je me suis lancée dans Anne with an "E", je n'avais aucun doute sur le fait qu'elle allait me plaire mais... à ce point? Certainement pas!

Cette oeuvre est un véritable régal de bout de bout, elle réuni tous les ingrédients que je souhaite trouver dans un récit, qu'il soit littéraire ou cinématographique. Ainsi, l'amour est omniprésent, de magnifiques amitiés se créent, les valeurs qui me sont chères sont défendues et tout cela est soutenu par une héroïne intrépide, passionnée, le cœur empli de rêves et résolument féministe.

Car en cette fin de XIXème siècle, les créateurs ont osé mettre les pieds dans le plat en causant sans détour sexisme, racisme et homophobie. C'est la spontanéité d'Anne qui l'amène à se révolter contre la bienséance et toutes ces règles sociales adoptées par les habitants d'Avonlea, sans remise en question de celles-ci. 


Ajouté à cela, la saison 3 introduit dans l'histoire une famille d'autochtones dont certains membres se lient d'amitié avec Anne. Cet arc de l'histoire se révèle extrêmement douloureux car il révèle des aspects méconnus de l'histoire (pour moi tout du moins), notamment lorsqu'une jeune fille voit son identité et ses origines bafouées par la maltraitance occasionnée dans les pensionnats du gouvernement instaurés pour soit-disant améliorer l'avenir des enfants issus de familles autochtones. L'absence de conclusion à cette partie précise de l'histoire est un gros point noir dans cette saison 3 et montre combien l'interruption de la série n'était pas anticipée.

Si l'on arrive à occulter ces éléments, il est possible de se consoler par la qualité de cette saison 3 dans son ensemble, plus riche et trépidante que je n'aurais pu l'espérer! C'était beau, fort, émouvant et exaltant de bout en bout.
Anne est devenue pour moi l'un des plus beaux personnages féminins qu'il m'ait été donné de croiser, je pense bien évidemment à ma chère Demelza (Poldark) qui elle aussi a suscité en moi énormément d’admiration.

Mon cœur saigne de ces adieux que je n'aurais pas imaginé aussi rapides, mais chaque pensée pour Anne with an "E" sera une pensée de joie et elle restera à jamais l'une des histoires les plus précieuses qu'il m'aura été donné de voir.

Sur ce, je vous souhaite une belle soirée et le bonheur de vous plonger dans de merveilleuses histoires...

jeudi 7 novembre 2019

Wicca,tome 1 : Le manoir des Sorcelage - Marie Alhinho


// Editions Poulpe fictions //
// 214 pages //

Dans la campagne perdue du Berry, où vivent encore les créatures d'antan, les Sorcelage sont loin d'être une famille ordinaire ! Avril et Octobre, comme leurs ancêtres avant eux, pratiquent en secret la Wicca, une forme de sorcellerie naturelle et bienveillante. Lorsque le cercle de pierres magiques qui protège la région est brisé, ils doivent compter sur leur meilleure amie Nour et le feu follet H pour empêcher d'anciens démons de resurgir.

Un vrai petit régal que cette lecture résolument jeunesse dont la ravissante plume nous entraîne dans un univers captivant fort de personnages riches et attachants. Sous ses airs de divertissement halloweenesque, Wicca aborde des problématiques essentielles de l'adolescence qui vont de paire avec le combat que mènent nos héros contre les forces du mal. En effet, on questionne ici l'image de soi, la confiance qui en résulte mais aussi le besoin d'être reconnu, important et aimé par ceux qui comptent pour ce que l'on est.

Un grand merci à Netgalley et aux éditions Poulpe Fictions pour cette découverte dont j'ai hâte de connaitre la suite!


dimanche 3 novembre 2019

Rois de cendres - Kayla Ancrum


// Editions Milan //
// 315 pages // 
August et Jack n'ont jamais fait partie du même monde. August est discret, alors que Jack est la star du lycée. Pourtant, tous deux partagent bien des secrets, à commencer par leur amitié qui remonte à l'enfance. Quand Jack semble envahi par des hallucinations inquiétantes, c'est le monde d'August qui s'effondre. Il réagit alors de la seule façon qui lui semble envisageable : en plongeant dans la folie de Jack.
Quand on ouvre ce livre, c'est avec l'intention de plonger dans l'imaginaire ou la folie d'un adolescent. Pourtant, on réalise très vite que tout cela n'est qu'un argument de l'autrice pour pointer du doigts quelque chose de bien plus grave et effrayant que des hallucinations mettant en scène un royaume en péril : l'abandon. 
Je ne m'étendrai pas longuement sur la question car Kayla Acrum explique évidemment bien mieux que moi l'intention de son roman en note de fin, mais il s'agit bien là d'un cri du cœur qui rappelle combien l'être humain a besoin d'amour et de considération pour s'épanouir, ce que nos deux héros cherchent l'un en l'autre au milieu du chaos de leurs vies.
Ce n'était pas prévu, mais la lecture de ce roman fait écho à mon article sur Joker dans lequel il est question du désespoir qu'engendre une société indifférente à la souffrance et la solitude.

J'ai beaucoup apprécié ma lecture. Des chapitres courts servis par une écriture dynamique pour un roman qui se dévore en un rien de temps. Le travail autour du livre lui-même est magnifique, avec ces pages qui s'assombrissent en même temps que la vue et l'esprit de Jack, rendant l'expérience d'autant plus immersive.

Cet ouvrage ne plaira certes pas à tout le monde mais il sort du lot par la nécessité de son propos et l'originalité de sa mise en oeuvre. 

En vous souhaitant de belles lectures et une agréable fin d'après-midi...


vendredi 1 novembre 2019

Joker (2019) - Todd Phillips


En 1981, à Gotham City. Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge de la société et vit dans un immeuble miteux avec sa mère Penny. Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois hommes, le poussant à les tuer en retour. 
Quelle surprise de constater que ce film consacré au plus célèbre méchant de DC comics ait fait couler autant d'encre, sinon plus, que les dernières parutions Marvel sans pour autant être un film de super héro!
Certains jugeront que Joker est une critique bien facile de la société ou d'autres l'accuseront de faire l'apologie de la violence mais pour ma part le film ne correspond à aucune de ces deux déclarations. 
J'ai aussi été surprise de lire autant d'avis enthousiastes le qualifiant de "magnifique!" tandis que je suis sortie de ma séance le moral dans les chaussettes et le cœur en miettes.

Oui, c'est un fait, sous ses airs de thriller psychologique innocemment égaré dans une ville fictive, Joker dénonce les travers de notre société, mais pas forcément ceux qui semblent les plus évident. Loin de pointer les écarts entre les riches et les pauvres comme beaucoup avant lui, Joker met en lumière l'absence, bien pire que celle d'une utopique égalité, d'humanité.
On en défend de grandes causes à la télévision, mais qu'en est-il des entre-deux, des laissés pour compte, les pauvres qui n'ont pas le droit de se plaindre parce qu'ils ont un endroit où dormir? Les malades dont on ne voit rien puisque c'est dans leur tête? Ceux qui sont passé à tabac mais ont eu la chance de ne pas être tués?


Arthur est un homme sans véritable relation, qui vit seul avec sa mère depuis une éternité. Dès les premières minutes, il est victime d'un vol, puis d'une agression physique avant qu'on ne lui ri au nez à l'évocation de ce malheureux épisode et à aucun moment on ne lui vient en aide. Gotham City, la ville de Batman me direz-vous... mais est-elle véritablement différente de celles que l'on connait?
Cet homme entre deux âges est aussi porteur d'un handicap non reconnu qui l'amène à subir le regard méprisant et accusateur des autres face à un comportement inhabituel immédiatement associé à quelque chose de mauvais.
Qu'importe qu'il soit gentil et souhaite faire le bien autour de lui.
Et la solitude, chaque jour qui passe, le ronge un peu plus.
Lorsque Arthur Fleck se rend coupable d'un triple meurtre, l'accent est mis sur le statut social de ses victimes mais est-ce le véritable problème ici soulevé? Trois hommes s'en prennent à une femme, celle-ci disparaît, ils changent de proie. Cette proie, c'est Arthur, dont l'existence a déjà été trop rudement menée. Cela excuse-t-il son acte? Certainement pas. Pourtant, il lui est libérateur de mettre un terme à cette souffrance d'un simple geste.

C'est là que le Joker naît.
Quand il réalise que le chaos dans lequel il vit est moins pénible à traverser en agissant, quitte à détruire. Il apparaît, dans cette guerre au cœur de la ville, dans cette explosion de lumières et de couleurs macabres maîtrisée avec génie par un metteur en scène qui a su faire de ce film une merveille esthétique.


Ce film qui pointe du doigt la violence physique et morale que l'Homme fait subir à ses semblables n'aurait jamais eu le même impact sans la prestigieuse prestation de Joaquin Phoenix, tour à tour vulnérable, effrayant, déchirant d'émotion et terrifiant de cruauté.
Son implication pour rendre le Joker plus réel que jamais parle d'elle-même car il s'est renseigné et a visionné de nombreuses vidéos de personnes atteintes de rire prodromique ou pathologique, affection résultant d'un syndrome pseudo-bulbaire qui peut être occasionné par une multitudes d'atteintes neurologiques (AVC, sclérose en plaque, etc.).
Je trouve assez brillant d'avoir rendu le rire du Joker, jusqu'à présent associé à une hilarité cruelle, aussi triste que son personnage puisqu'il ne traduit à aucun moment de la joie, ni une réelle euphorie.
Mais cela, personne ne le voit, ni n'essaie de comprendre.

Ce film commence dans la douleur et se termine dans la douleur, mais parvient au milieu à nous faire passer tout un tas de messages, à nous faire réfléchir sur ce monde souvent chaotique dans lequel on vit, mais aussi sur nous-même et le genre de personne que l'on choisit d'être. 

Après plus de six mois d'absence je reviens avec un article qui sonne plutôt pessimiste mais comprenez bien que j'ai trouvé ce film véritablement fort et important et que parfois les ténèbres ne sont qu'un détour pour revenir vers la lumière.

En vous souhaitant une belle soirée!

dimanche 14 avril 2019

The Wicked Deep - Shea Ernshaw



// Editions Rageot //
// 396 pages //
// Sortie le 24 avril 2019 //
Un grand merci à Netgalley et Rageot pour ce SP numérique


Synopsis
C’est une histoire de vengeance... Il y a près de deux siècles, Marguerite, Aurora et Hazel Swan, trois jeunes femmes belles, libres et indépendantes, furent accusées de sorcellerie par les habitants de la ville de Sparrow. Des pierres accrochées aux chevilles, les trois sœurs furent noyées. Exécutées. Depuis ce jour, chaque année au mois de juin, les sœurs Swan sortent des eaux de la baie pour choisir trois jeunes filles, trois hôtes. Dans le corps de ces adolescentes, Marguerite, Aurora et Hazel reviennent se venger. Et cette année encore, Penny le sait, alors que les touristes afflueront, on retrouvera des cadavres de jeunes hommes sur la plage… Car cette malédiction, rien ne semble pouvoir l’arrêter.


Mon avis
C'est si difficile de comprendre comment tout cela fonctionne, le fait d'aimer ou non une oeuvre, d'y adhérer, de se plonger totalement dedans, qu'il s'agisse d'un roman, d'un film, d'un morceau de musique... Aussi il m'est difficile d'exprimer clairement pourquoi j'ai tant aimé The Wicked Deep, si tant est qu'il existe un réel "pourquoi". Ce roman m'a littéralement transportée. J'ai su dès les premières pages qu'entre nous, ça allait bien se passer.
Le mystère, l'ambiance si particulière qui émane de ses pages, la fascination qu'il exerce sur son lecteur, est assez indescriptible.
Cette histoire se déroule à Sparrow, une petite ville côtière dont les rues se voient envahies par les touristes au moment où la terrible exécution des Swan Sister est célébrée. Une tradition morbide qui aboutit à chaque fois sur un drame.
Sous ses airs de roman d'épouvante, The Wicked Deep nous offre une réflexion sur l'humain. Qu'est-ce que l'Humanité? Pour reprendre les paroles de son bon vieux Clopin : "l'homme est-il un monstre ou le monstre un homme?".
Les habitants de Sparrow, en condamnant trois jeunes femmes par haine, jalousie et peur de l'inconnu, commettent un acte sans pitié, et engendre eux-même le mal qu'ils se targuaient de combattre. Cette cruauté sans nom mènera à la vengeance, laquelle ne connaîtra aucune limite.
Se posera ensuite la question de la culpabilité, des regrets, du pardon, de la rédemption.
Est-il possible de faire table rase du passé? D'oublier les crimes perpétrés?
Cette histoire est un véritable régal, car outre sa plume captivante et de qualité, elle nous amène à nous questionner sur les choix qu'auraient pu être les nôtres si nous avions été à la place de tel ou tel autre personnage. Pourrions-nous sacrifier le bonheur d'autrui pour sauver le nôtre? Quel est la bonne décision? Qu'est-ce qui fait de nous de bonnes ou de mauvaises personnes? Est-il possible d'accorder son amour à quelqu'un que l'on juge mauvais, dont le passé est pavé d'actions répréhensibles?
Car oui, dans The Wicked Deep, il est question d'amour. Et les sentiments décrits m'ont chamboulée, bouleversée, transpercée. C'est beau et terrible à la fois. Un condensé d'émotions fortes. Et une fin qui terrasse. Celle que j'espérais et que je craignais de ne pas voir arriver.

Pour conclure
Vous l'aurez compris, je valide cette lecture à 200%. Entre son ambiance inquiétante qui n'est pas sans rappeler quelques inquiétants teen movies, et ses réflexions que je trouve des plus pertinentes sur le genre humain, c'est un délectable sans faute que je vous recommande chaudement! Attention, il ne s'agit pas d'un page turner bourré d'action, bien au contraire : ici, on contemple, on savoure et on se laisse couler tout doucement dans les eaux sombres du port de Sparrow...

vendredi 26 octobre 2018

Puisque c'est ma rose, Tome 1 : Eclore - Jade River



Lectrice acharnée, boxeuse à ses heures perdues et lycéenne à peine studieuse... Abélia se sent en décalage avec les jeunes de son âge.
Heureusement pour elle, sa nature discrète lui permet de rester à l'écart de l'agitation de ses camarades. Et surtout, loin des problèmes.
Le jour où M. Valverde, son nouveau professeur de littérature, arrive au lycée, Abby est certaine qu'entre eux le courant ne passera pas.
Mais au contraire, cette rencontre l'électrise et le contrôle qu'elle exerce tant bien que mal sur ses émotions vole bientôt en éclats.
Conscients que le lien qui se tisse entre eux est interdit, tous deux vont s'efforcer de garder leurs distances. Mais pourront-ils lutter longtemps contre leurs sentiments ?

Quel mois de lecture !
Après la grosse claque du Journal Rouge, je ne m'attendais pas à trouver un lecture à ce point en phase avec ce que je recherche dans un roman. Eclore était disponible sur Netgalley en mai dernier du coup je me suis dit "pourquoi pas?" sans grande conviction. Quelle erreur!
J'ai aimé chaque détail de ce roman.
Je suis entrée dans l'histoire dès les premières pages.
L'héroïne, ses proches, les sentiments décrits, les émotions qui la submergent, tout m'a semblé d'une justesse totalement déroutante et je ne m'y attendais absolument pas.
Ni le résumé et encore moins la couverture (qui est certes magnifique) ne laissent présager le contenu de ce roman ni la manière dont la thématique mise en avant est abordée.
Ici, pas de personnage parfait et irréprochable. Chacun porte sa croix, trébuche et se relève.
L'autrice casse les codes en offrant à Abby une personnalité unique, des réflexions profondes qui remettent en question les normes que nous impose la société.
L'alchimie qui existe entre Abby et Arthur est surprenante, à part, pour une fois que tout n'est pas basé sur la seule attirance physique et quelques punchline. La connexion est tout d'abord intellectuelle, de part leurs références littéraires ou musicales qu'ils partagent et les questionnements existentiels qui en découlent sans que l'on ne sombre dans des échanges barbants et prétentieux.

En bref, un magnifique roman, une tranche de vie qui aborde un tas de thèmes tabous, importants et passionnants avec des personnages terriblement attachants et hauts en couleur. Le seul point négatif que je lui trouve, c'est qu'il n'y ait pas de date encore annoncée pour la suite!

vendredi 19 octobre 2018

Le Journal Rouge - Lily R. Davis



// Editions Infinity //
// 591 pages //

Un grand merci à Netgalley et la Collection Infinity pour ce service presse.


Nous sommes en 1965, à Washington. Tout le monde reprend en chœur les refrains des Beatles et les slogans lors des marches citoyennes. La jeunesse se soulève contre la ségrégation, contre la Guerre. La jeunesse veut aimer sans contraintes. C’est la génération hippie. Rose a passé des années dans un pensionnat pour jeunes filles et si elle regarde de loin cette nouvelle liberté, elle ne se sent pas le droit d’y plonger. Orpheline, recueillie par un oncle Colonel dans les Marines et basé à Saigon, Rose se sent prise au piège. Elle invente alors Max. Un pseudonyme derrière lequel elle se cache pour écrire des chroniques dans un journal universitaire.
Alec est un activiste. Il se bat pour un monde en paix, pour toutes les vérités. Il se bat surtout pour mettre fin à cette guerre, au Vietnam, qui emporte trop de jeunes soldats. Avec ses amis, il travaille pour un petit journal clandestin. Le Aldous. De communautés hippies en sit-in, il a toujours un stylo à la main et la rage au cœur.
C’est la passion de l’écriture qui les réunira. C’est pour l’autre qu’ils se dépasseront. Ensemble, avec le Aldous et cette jeunesse éprise de liberté, d’égalité et de paix, ils brandiront la plus grande de leurs armes : les mots. De manifestations en désobéissances civiles, dans une société qui refuse encore de les émanciper, ils se battront pour leurs droits, pour leurs lois, pour leur vie. Malgré les dangers de la vérité et ceux qui voudront les faire taire, malgré l’ombre de la conscription et de cette guerre qui finira par les rattraper, Alec et Rose deviendront la voix de ceux qui ne peuvent plus parler. Sans jamais cesser de s’aimer.
Comment exprimer avec justesse la beauté de ce livre dans lequel la passion déferle à chaque page? Ce combat déchirant pour la liberté de chacun, pour l'amour et le droit de vivre pleinement. L'histoire de Rose et Alec m'a complètement bouleversée. Cet amour qui transcende tout, qui n'a cure des obstacles et du temps puisqu'il s'agit d'eux. J'aime la plume de Lily Haime, ce n'est plus un secret. Mais avec ce livre elle nous offre une fresque historique qui dépasse de loin tout ce à quoi j'aurais pu m'attendre. Car ce lien qui uni nos héros va au delà de la passion qu'ils se portent l'un à l'autre puisqu'ils se battent ensemble pour ce en quoi ils croient et en l'avenir qu'ils rêvent de voir se profiler devant eux.
Pour ce faire, ils devront franchir des obstacles et affronter des épreuves qui laisseront le lecteur désarmé et le cœur en miettes. Mais quelle magnifique histoire, quelle justesse dans les sentiments, quelle puissance dans ces personnages.
J'ai du faire une très longue pause à la moitié de ce livre. Il est certes passionnant, mais il est très long. Mais cela n'a en rien entachée ma lecture bien au contraire car j'ai ainsi pu pleinement la savourer en deux actes.
Ce roman est une pépite, une merveille qui chavire le cœur et l'âme et je ne peux que vous le recommander.


mardi 7 août 2018

Tout en nuances, Tome 1 : Hyancinthe - Erika Boyer



Hyacinthe ne supporte pas de voir son reflet dans le miroir. Il vit loin de tout, isolé, reclus ; il se cache du regard des autres et consacre son existence à son art. Il n’entretient même plus l’espoir d’être un jour aimé.
Pourtant, quand Elea entre dans sa vie, il ne peut s’empêcher d’aspirer au bonheur. Ses regards sont des caresses, ses gestes des mots doux et l’artiste en vient à croire qu’il pourrait avoir un avenir différent de celui qu’il s’était toujours imaginé.
Peut-il être homme et non plus abomination à travers les yeux de cette femme ? Mieux, peut-il l’être à travers ses propres yeux ?
C'est une chose peu commune, qui pour ma part ne m'étais jamais arrivée, que d'apprendre à connaître un auteur avant d'avoir découvert son œuvre. Pourtant, c'est sur internet que j'ai fait peu à peu connaissance avec Erika, que j'ai appris à en savoir plus sur cette personne douce et passionnante. Et c'est sans trop d'appréhension que je me suis quelques temps après plongée dans ma première lecture de son dernier roman.
Avant même d'avoir lu Hyacinthe, je savais donc que le thème principal du roman était un cheval de bataille de son auteur. Le premier opus de Tout en nuances aborde donc la question de la beauté, du physique, de tout ce qui a trait à la beauté extérieur. Du moins, c'est ce qu'il semble au départ, parce qu'il s'agit de bien plus que cela. C'est l'un des premiers points que j'ai tant aimé dans ma lecture.
J'ai toujours pensé que la beauté était subjective. On ne trouve pas tous les mêmes personnes belles. Les célébrités unanimement considérées comme telles correspondent à l'idéal fixé par la société à un instant T, mais rappelons nous que les beautés d'hier n'ont rien à voir avec celles de demain.
Comme notre subjectivité interfère dans notre jugement de la beauté physique d'un individu, il est bien évident que la beauté dite intérieure n'y est pas étrangère. Ne trouvez-vous pas belles la plupart des personnes que vous aimez? Car personnellement c'est mon cas. Les qualités profondément humaines que j'admire chez elles les rend lumineuses à mes yeux. Et c'est sans doute pour cela que je me suis autant sentie en phase avec l'héroïne qui ne voit en Hyacinthe que la beauté de son âme et l'admiration qu'elle porte à son travail depuis des années.
A l'opposé, Hyacinthe est détruit par la difformité de son visage, le lourd passé dont il se sent responsable et la culpabilité qui le ronge. Il se voit aussi laid à l'intérieur qu'à l'extérieur et s'est enfermé sur lui-même, ne tolérant la présence que de quelques proches... jusqu'à ce que Elea parvienne à briser sa carapace par sa douceur et sa bienveillance mais aussi son caractère affirmé, volontaire et passionné.
Ajoutez à cela que j'ai adoré la plume de l'auteur qui rend le récit tellement addictif qu'on ne voit pas les pages défiler. C'est un régal de bout en bout dans lequel sont disséminés çà et là quelques références à la mythologie grecque. Il me tarde de retrouver cette ambiance, ou même dans découvrir une toute autre dans la suite de Tout en nuances.

mardi 17 juillet 2018

13 Reasons Why - Saison 2 (2018)


THIRTEEN REASONS WHY
Netflix
Saison 2 - 2018
13 épisodes

Vous voyez, cette fraction de seconde durant laquelle vous vous dites qu'une barrière vient d'être franchie. Que ce qui a été fait n'était pas nécessaire. Que vouloir bien faire ne suffit pas toujours.
Eh bien c'est ce que j'ai ressenti en visionnant cette seconde saison.

Non. Je ne dit pas que TOUT est à jeter. Je dis juste que cette saison était la saison de trop. Quand bien même s'agissait-il seulement de la seconde. Mais là, en plus de nous proposer de la pure redite, les créateurs ont voulu surenchérir.
Okay, c'est bien de dénoncer des injustices, de les porter à l'écran, de nous rappeler combien la vie est montreuse, cruelle et sans issue pour certains. Encore, s'il y avait une issue. Mais non, on nous indique de composer un numéro. Ce n'est pas inutile, loin de là, mais ce n'est pas non plus suffisant.

Donc voilà la saison 2 de Thirteen Reasons Why : nos 13 faces de K7 audio se retrouvent au tribunal, à témoigner lors d'un procès qui déterminera la responsabilité du lycée où se rendait Hannah durant les quelques mois précédant son suicide. Sur le principe, c'était sacrément pertinent de passer d'une saison qui présentait le point de vue d'Hannah à une autre dans laquelle on découvrait celui des personnes responsables de sa mort. Malheureusement, ce procédé avait tout de même été disséminé ici et là au cours des 13 tout premiers épisodes permettant ainsi d'en savoir bien plus que cela n'avait été le cas dans le roman. Le spectateur était alors en mesure d'éprouver une certaine sympathie pour ces lycéens perdus, rongés par les remords.

On en apprend "plus", car il s'agit véritablement d’éléments créés de toute pièce par les scénaristes - comme cette suite n'est ici pas adaptée d'un roman - sur ces personnages, cela visiblement pour mieux comprendre leurs agissements. Pour certains, un passé sorti de derrière les fagots arrive comme un cheveu sur la soupe et rend le tout complètement absurde et incohérent (même si quelques pirouettes scénaristiques tendent à faire comme si de rien n'était). Pour d'autres, ces révélations ont clairement pour vocations de justifier voire légitimer certaines de leurs actions ou au moins les expliquer, leur donner un sens et montrer au spectateur que lui aussi, dans de pareilles circonstances, il aurait agit de la sorte. Après tout, la si parfaite Hannah n'était pas si parfaite que cela, n'est-ce pas? On nous le montre bien? Elle baisserait presque dans notre estime, non?

Il semble que tout le monde ait une dette envers tout le monde dans cette histoire, c'est dingue! Il en faut sacrément, des arguments, pour que certains se sortent ________ du fauteuil et agissent pour défendre ce qui leur semble juste! Que ce ne soit pas simple pour tous, d'accord, mais il se sont vraiment passé le mot dans ce lycée.

D'autres éléments m'ont particulièrement irritée. Comme le fait que certains personnages insistent, harcèlent voire obligent quelqu'un à témoigner. Le pire, c'est que ce n'est pas pour venir en aide à la personne elle-même (vaste hypocrisie soyons honnête...) mais encore et toujours pour Hannah. Parce que Clay a beau être droit, gentil, honnête et tout ce qu'on voudra, il voue à Hannah une véritable obsession (liée à sa culpabilité), et cela le pourri et détruit tout autour de lui.

En soi, cette saison me semblait jusqu'alors répétitive, un brin ennuyeuse et plutôt décevante.

C'est ainsi qu'on nous offre une scène de torture particulièrement violente, choquante et complètement gratuite afin que l'on comprenne mieux les actes qui seront ensuite commis par l'un des personnages. Car oui, selon le réalisateur, il fallait une scène scène réaliste et dure pour que le spectateur ressente de l'empathie pour ce personnage qui, jusqu'à présent, n'était apparemment apprécié.

Donc ça marche comme ça maintenant?
On doit violer et mutiler les gens pour qu'ils gagnent des points et que le public ressente de l'empathie, sérieusement?

De l'ennui je suis passée à la colère. Je me suis sentie trahie. Trahie par cette production qui se vente de prévenir et dénoncer la violence subie au quotidien par des millions de personnes sur Terre. Pourtant, cette série n'offre rien. Pas d’échappatoire, d'alternative, de solution possible, d'aide...
Cette série délivre un message : la monde est injuste et cruel, on nait seul et on meurt seul. Des gens nous aime mais ce n'est pas suffisant. Si vous souffrez, rien n'y fera, personne ne vous sauvera.

Beaucoup ont été choqués par cette fin. Les ripostes aux commentaires sur internet ont été violente (c'est bien, visiblement les gens ont été sensibles au message que semblent vouloir délivrer les studios!), prétendant que c'était le monde réel et qu'il fallait cesser de vivre chez les Bisounours.

Un mot à tous ceux-là : je SAIS que le monde est cruel. Violent. Monstrueux, même. Sans pitié. Cela ne m'empêche pas d'être quotidiennement choquée par ce qui s'y passe, par les horreurs perpétrées par l'Homme. Je n'ai pas besoin de voir de mes yeux la violence pour qu'elle me touche, pour que j'aie conscience de son existence.
Pourtant je sais que ce monde, aussi détruit soit-il, cache sous ses cendres les plus belles des merveilles. Le courage, la résilience, le pardon, l'espoir, la solidarité et l'amour. C'est en s'accrochant à tout ça, en continuant à y croire qu'un avenir meilleur peut-être envisagé.
Alors par pitié, arrêtez de nous montrer des séries qui ne montrent que le pire de notre espèce, en égrenant quelques belles choses de la vie avant de les piétiner plus encore après (comme vous l'avez fait sans vergogne lors des dernières minutes du dernier épisode...).
Je ne pense pas que cela aide qui que ce soit.
Mais cela reste mon avis.

Alors s'il te plait, cher lecteur, excuse-moi pour cette colère que je n'ai pas pu contenir même plus d'un mois après avoir vu cet épisode. J'ai fait de mon mieux. Mais si tu le peux fais-moi part de ton avis avec bienveillance et je le lirai avec plaisir.

mercredi 11 juillet 2018

H2T au Renard Doré ou comment la passion fait naître de superbes projets


Lundi 9 juillet, je me suis rendue à une séance de dédicace au Renard Doré afin de rencontrer quatre auteurs de mangas publiés chez H2T. Qu'est ce que le Renard Doré? Qu'est ce que H2T? Je vous en parle de suite...


Le Renard Doré, c'est cette librairie dont j'ai entendu parler sur le net il y a quelques mois, complètement par hasard. Le Renard Doré a ouvert ses portes le samedi 5 mai au 41 rue Jussieu à Paris. Spécialisée mangas et culture japonaise, cette librairie propose régulièrement des ateliers et animations variées et accessibles à tout âge. Derrière ce projet fou dont le décor semble tout droit sorti d'un film des Studios Ghibli se cache Mickaël, qui a travaillé plusieurs années à l'hôpital en tant que psychologue avant de réaliser son rêve et vivre de sa passion. Lui et sa troupe de renardeaux - parmi lesquels Amandine, libraire spécialisée - se feront un plaisir de vous faire découvrir leurs titres favoris!

Bref, ce lieu est devenu mon nouveau quartier général, si bien que je ne traine plus au boulot et me précipite dès que je peux pour me rendre aux évènements organisés (atelier onigiri, soirée de lancement, etc.).

Redjet, Rossella Sergi, Caly
Forcément, lorsqu'une séance de dédicace a été annoncée même sans en connaître les détails j'ai voulu m'y rendre. C'est ainsi que j'en ai appris un peu plus sur une maison d'édition qui apparait de plus en plus sur le net : H2T.
H2T ou l'Hydre à 2 Têtes est une maison d'édition française spécialisée dans la création de bandes dessinées originales depuis 2016. Les projets sélectionnés sont pré-publiés sur WeeklyComics.fr avant d'être adaptés et reliés pour la vente en librairie et sur internet. Par ce biais, de nombreux artistes européens ont l’opportunité de partager leur travail et être reconnus en tant qu'auteurs de BD, mangas et romans graphiques. Cette année, les éditions H2T ont rejoint Pika Édition ce qui laisse présager la naissance de nouveaux projets prompts à nous faire rêver!

Caly
Art-Of-K




















Lors de la Japan Expo 2018 et ce lundi 9 juillet ce sont donc quatre de ces auteurs qui sont venus à la rencontre de leurs (futurs) lecteurs. C'était un merveilleux moment durant lequel on a pu échanger avec d'autres passionnés, nos libraires préférés, les auteurs et les éditeurs présents. C'est assez magique ces instants durant lesquels les gens se rapprochent sans se connaître, juste parce qu'ils ont un point commun qui les a menés ici et maintenant prendre part à cet évènement. 

Hana no Breath, Tome 1
~ Caly
Shojo, série terminée en 2 tomes
Azami, 16 ans, ne comprend pas la passion de ses amies pour le Yuri et le Yaoi... Elle, elle n’aime QUE les garçons, et surtout le beau Gwen, avec qui elle rêve de sortir depuis le début de l’année! Intelligent, sportif, un peu plus âgé qu'elle et surtout mignon, il a tout du petit ami idéal. Mais comment réagira-t-elle quand elle découvrira que Gwen est en réalité une fille ?!


Euterpe, Tome 1
~ Art-Of-K
Josei, série terminée en 2 tomes
A la mort de son grand-père, Jon, jeune pianiste de génie en pleine dépression retourne dans la maison de son enfance pour se reposer et s’éloigner du monde du spectacle. A peine est-il arrivé qu’une série d’étranges événements vient troubler le calme de la vieille maison: le soir il entend quelqu'un jouer du piano mais ne voit personne. Croyant reconnaître la manière de jouer de son grand-père décédé, Jon se lance à la poursuite de ce fantôme qui ne cesse de le hanter. Il tombe alors nez à nez avec Kal, une adolescente se proclamant la dernière élève de son grand-père disparu, et qui ne supportera pas la présence du jeune prodige.

 Deep Scar, Tome 1
~ Rossella Sergi
Shojo, série en cours
Sofia est une jeune femme candide qui aspire à plus d’indépendance. Elle emménage à Turin pour sa 1ère année universitaire loin de sa famille et de son petit ami Luca.
Or, sa nouvelle colocataire, Véronica, mène une vie bien différente de la sienne: elle préfère les soirées bien arrosées en compagnie de beaux garçons, aux soirées tranquilles de la jeune étudiante!
Mais Luca redoute l’influence de Véronica et de son entourage sur Sofia, et en particulier la présence de l’énigmatique Lorenzo qui semble s’intéresser d’un peu trop près à sa petite amie…

 Space Duck
~ Redjet
Shonen, one-shot
Simpleville, un lieu bien tranquille où il ne se passe jamais rien...ou presque. C'est dans l'école maternelle de la ville que RG rêve de voyager dans l'espace et d'explorer l'univers en vivant des aventures infinies. Sauf que, le jeune RG, est en fait... un canard!
Un canard maladroit et secrètement amoureux de Axelis, l'une des enseignantes qui elle aussi a une passion pour l'espace. Mais RG devra faire face à Météor, une dangereuse organisation qui veut conquérir le monde et l'univers tout entier! La détermination de RG, son sens de la justice et le désir de protéger ceux qu'il aime mettront le timide canard sur le chemin de cette terrible organisation...

C'est tout pour ce petit compte-rendu, j'espère que cela vous aura plu et donné envie de découvrir tant les éditions H2T que la librairie Le renard Doré si vous ne les connaissiez pas encore. Mes avis sur ces quatre mangas arriveront au fur et à mesure de mes lectures sur instagram (je rédige des articles après plusieurs tomes ou à la fin d'une série). Je vous parle déjà de Hana No Breath que j'ai vraiment adoré.

A très bientôt!








mercredi 27 juin 2018

Love, Simon (2018) - Greg Berlanti

Bonjour à tous!
Aujourd'hui sort en salle Love, Simon, adapté d'un véritable coup de cœur littéraire! Ayant vu peu de temps après l'adaptation de A comme aujourd'hui qui traite - même si c'est de manière très différente - la question de l'adolescence et de la quête d'identité, j'ai trouvé judicieux de vous en parler juste après.


Adapté de Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens de Becky Albertalli.

Pour commencer : le casting est au top! J'ai retrouvé avec plaisir chaque personnage qui avait su me toucher dans le roman.
Une bande de super copains qui vivent leur dernière année de lycée dans une ambiance joyeuse loin de ces futiles questions de popularité qu'on croise trop souvent dans ce genre de registre. Simon a un secret, il est gay. Il n'ose pas en parler de peur que ses proches changent de comportement à son égard et la seule personne à être au courant, c'est Blue, son mystérieux correspondant sur le net dont il est plus ou moins amoureux. Voilà, c'est le secret de Simon. Pas un poids qu'il traine, pas une souffrance qui le ronge, juste son secret.
Love, Simon est une œuvre fraiche et divertissante mais il m'a finalement manqué beaucoup de choses qui, pour moi, rendaient le roman unique et certains changement m'ont un peu déplu... Blue est plus présent dans le roman, la révélation de son identité est plus authentique que cette scène un brin trop hollywoodienne pour moi, sans compter le personnage de Martin qui m'avait semblé plus nuancé et devient ici une caricature du pauvre type horripilant sans le moindre scrupules... Vous l'aurez compris, quelques éléments m'ont chiffonnée. Ce ne sont pas des défauts à proprement parler mais des éléments qui m'ont fait paraitre le film plus commun que ne l'est le roman. Ce qui paraissait si simple dans l’œuvre littéraire, comme le père maladroit quant à l'homosexualité, la découverte du secret de Simon par ses amis etc. deviennent tout de suite tellement excessifs... et même dramatiques, ce qui dérobe à l'histoire un peu de son feel-good que j'avais pris de plein fouet lors de ma lecture passionnée.
Cet avis est décousu, mais il y a une raison à cela : le roman est pour moi absolument parfait. J'ai tout aimé de la première à la dernière ligne, j'aurai du m'attendre à être insatisfaite de son adaptation quoi qu'il en soit, mais je me suis laissée influencer par ce flot d'avis enthousiastes lors de la projection en avant-première. Honte sur moi.
N'hésitez donc pas, allez le voir! Car c'est une belle histoire d'amour et d'amitié, de famille et de lycée, de découverte et d'acceptation de soi, de courage et d'espoir.

Suite à cela, je voulais vous toucher deux, trois mots au sujet de Every day qui, sous ses airs un brin SF (se réveiller chaque jour dans un corps différent, ce n'est pas commun...) semble défendre le droit d'aimer qui l'on veut qui que l'on soit. Il n'est bien malheureusement pas sorti en France et aucune date n'est pour le moment annoncée.

Every Day (2017) - Michael Sucsy
Adapté de A comme aujourd'hui de David Levithan. 
Difficile de donner un avis très construit étant donné que j'ai lu le roman il y a quelques années. J'en garde un excellent souvenir tout particulièrement pour sa problématique qui amène à des réflexions passionnantes.
A se réveille chaque jour dans la peau de quelqu'un de différent, même âge et même zone géographique. Un jour il intègre le corps du petit ami de Rhiannon. Pour la première fois, A veut garder contact avec cette personne et rester "lui". Il est question de tomber amoureux d'un être, d'un individu pour ce qu'il est intérieurement, pour son âme, quel que soit son physique, quel que soit son genre. C'est joliment tournée au travers d'un film d'amours adolescentes qui parvient à toucher par sa douceur. Dans mon souvenir le roman était très intéressant mais j'avais rencontré quelques difficultés avec la plume de l'auteur. Le film m'a semblé plus fluide et simple que l'était le roman dans mon souvenir mais je ne saurais dire quels détails ont été modifiés.

Voilà, j'espère que ce petit article vous aura plu! N'hésitez pas à partager votre avis si vous avez vu l'un de ses films et/ou lu les romans dont ils sont tirés. Sur ce, je vous souhaite une belle journée.