dimanche 12 novembre 2017

Le Pacte d'Emma - Nine Gorman


 

Emma Reyes, 21 ans, est atteinte d'une maladie neurodégénérative. Elle sait dores et déjà que ses capacités motrices et intellectuelles vont se dégrader ainsi que sa mémoire, le tout agrémenté d'hallucinations auditives et visuelles, jusqu'à ce que son corps abandonne le combat. Rien de bien joyeux en somme.
Elle décide alors de quitter sa petite ville natale pour profiter de ses dernières années à New-York où elle vit avec son frère Jonathan et fréquente sa meilleure et seule amie, Rebecca. Elle prend une nouvelle grande décision en abandonnant son poste de téléopératrice à domicile pour intégrer la très célèbre Anderson Corporation, dirigée par le jeune, séduisant et mystérieux Andrew Anderson. 
Lorsqu'elle apprend qu'il est un vampire, Emma entrevoit un échappatoire à cette vie déjà condamnée. Devenir une immortelle, tirer un trait sur cette maladie qui la ronge... Mais quel prix est-elle prête à payer pour cela?


Ma petite histoire avec ce roman

Nine Gorman est tout d'abord connue pour sa chaîne booktube, une des plus suivies en France. Elle a commencé à poster Le Pacte Sanguinaire sur Wattpad qui a remporté un franc succès avant d'être repéré par Albin Michel qui l'a ainsi publié.
Beaucoup se montrent sceptiques quant à cet incroyable succès. La question qui se pose : est-il mérité ou seulement dû à la notoriété de son auteure? Je n'ai pas de réponse, non, mais je vais partager avec vous mon ressenti.

Je suis Booktube de loin, je ne suis pas très assidue, une vidéo par-ci par-là, j'en regarde parfois en entier parfois non, certainement parce que je suis passée à côté du phénomène et très vite il y en a eu bien trop à découvrir pour moi... J'ai commencé à suivre Nine via Twitter, parce que je la trouvait sympa et drôle. Et c'est ainsi, plutôt par hasard donc, que je me suis retrouvée sur son profil Wattpad, constatant avec une certaine curiosité qu'elle avait choisi Dane Dehaan pour représenter son personnage masculin principal (oui, je suis une grande fan de Dane, dont cela constitue un argument). Le synopsis comprenant pour la millième fois une jeune femme dans un nouveau lieu, un vampire, un homme de pouvoir, une histoire d'amour... Je me suis dit que je verrai bien si le courant passait ou non au bout de 2 ou 3 chapitres.
Et je n'ai pas pu m'arrêter.
J'ai donc dévoré avidement ces chapitres et attendu que les prochains sortent. J'ai appris avec émotion la sortie du roman en format papier. J'ai découverts avec émerveillement la couverture (même si je préfère celle avec Lily Collins hihihi) et j'ai patienté jusqu'à l'arrivé de mon exemplaire précommandé dans lequel je me suis immédiatement plongée.

Et sinon, ça vaut quoi concrètement?

Pourquoi un tel engouement? La plume de l'auteure est simple et fluide, elle touche au but sans fioritures. Le rythme est addictif car entrecoupé de scènes brèves interrompues par des éléments inattendus qui donnent sans cesse envie d'en apprendre plus.
Certains y verront une redite de thèmes maintes fois traités, mais on peu aussi apercevoir l'hommage d'une passionnée de lecture adressé à tous ces récits qui l'ont touchée, captivée, embarquée dans d'incroyables aventures.
Parmi elles on trouvera The Vampire Diaries (deux frères vampires que tout oppose amoureux de la même fille), 50 Nuances de Grey (le PDG jeune et séduisant qui cache un lourd passé) et pourquoi pas même Nos étoiles contraires (la maladie qui détruit et fait vivre à la fois)? Tant d'histoires d'amour aux contextes divers qui ont marqué des milliers de lecteurs. Et puis quelques clins d’œil, des citations qui nous font sourire, certains même totalement inattendues...

Je me suis attachée à Emma qui se sait condamnée mais veut se battre quoi qu'il en coûte pour vivre, et se retrouve finalement prise à son propre piège. Elle vit l'instant présent, se questionne constamment sur la véracité de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle vit, si ce n'est pas l’œuvre de sa maladie. L'écriture est ainsi traitée pour qu'on vive ce que vit Emma, qui s'accroche à la moindre émotion, la moindre sensation puisqu'elle n'a plus rien à perdre et ne veut pas passer à côté de tout ce qui lui permet de se sentir vivante.
D'un autre côté, on a Andrew qui est coupé de tout. Insensible, froid, manipulateur et avide de pouvoir. Il est en proie à de lourds conflits avec lui-même. Et c'est un véritable supplice d'arriver à la fin de ce volume et en savoir si peu sur son passé! Pareil pour Matthew, ces deux-là ont un passé tourmenté, plein de non dits qui m'a fait faire des bonds.

J'ai aimé que les vampires ici ne soient pas du tout les mêmes que ceux d'Anne Rice. J'ai aimé le caractère de l'héroïne qui ne se laisse pas faire mais s'autorise aussi à se montrer vulnérable. J'ai aimé cette relation qui au départ semble uniquement nourrie par le désir et l'envie avant de glisser lentement, sans que l'on s'en rende compte, vers de tendres sentiments. J'ai aimé que Nathan soit Nathan. J'ai aimé avoir découverts les Black Veil Brides entre ma première et ma seconde lecture (merci Nine, again). J'ai aimé craquer pour Andrew comme pour Chuck Bass quand j'étais ado, à le détester et l'adorer à la fois.

Et puis, je ne vous apprends rien. Cette fin... CETTE FIN !


Bref. Vous avez le droit d'aimer ce livre ou de le détester, de vous jeter dessus ou de l'éviter. Un livre ne se résume pas à son contenu, il a une histoire, l'amour que vous lui porterez dépendra de la manière dont vous l'avez découvert, dont vous vous l'êtes approprié, les conditions dans lesquelles vous l'avez lu, ce qui est arrivé dans votre vie à ce moment là.
Pour ma part, ma rencontre avec l'histoire d'Emma et Andrew est pleine de beaux souvenirs, d'émotions folles et de rencontres insensées (merci les RS). Il me tarde de découvrir la suite, de l'attendre impatiemment, de sauter de joie à l'annonce de sa sortie et de partager encore avec cette folle communauté de passionnés.

mercredi 8 novembre 2017

Love Everlasting (2016) - Rob Diamond



Start : Bridger Jenkins et sa mère ont fuit leur passé, roulant vers la mer qu'il n'a jamais vue en vraie. Leur véhicule les lâche en cours de route et ils rencontrent Will, un homme honnête et généreux qui leur offre un toit et la possibilité de vivre le temps de reprendre la route. La fille de Will, Clover, est une jeune fille que la vie n'a pas épargné. Pourtant, elle s'ouvre à Bridget qui n'a rien à voir avec les autres garçons qu'elle a pu connaître avant...

Mon avis : J'ai aimé ce film autant que je lui en veux. Les thématiques abordées ici sont des plus intéressantes, surtout lorsqu'on les intègre de manière judicieuse à une belle histoire d'amour. Il est question de cicatrices, celles du corps et de l'âme. Bridger et Clover portent les deux. Nos deux héros meurtris vont surmonter les obstacles grâce à l'amour qu'ils vont mutuellement s'inspirer. Cela aurait pu donner un excellent film s'il n'avait pas été victime d'une réalisation un peu plate, fade et d'un scénario laissant cette triste impression "bâclée". Parce que tout n'est pas une question de durée, c'est certain, mais 1h26 pour un film censé se dérouler sur plusieurs mois et durant lesquels se développe une relation passant de la sympathie, à l'amitié, la tendresse et l'amour fou c'est un brin court. Donc oui, je suis déçue. Déçue parce que je m'attendais à une petite histoire d'amour sans prétention, sans prise de tête, durant laquelle je pourrais déguster tranquillement mes sandwichs. Finalement, j'ai été confrontée à une histoire bien plus profonde et intéressant qui finalement n'est pas pleinement exploitée et quel dommage! Bon, je vous épargne mon opinion sur cette fin. CETTE fin. Qui m'a tout simplement jetée au désespoir. 

Spoilers Quelques détails aussi qui m'ont légèrement agacée, à savoir l'actrice interprétant Clover qui fait tout un tas de grimaces en parlant pour montrer qu'elle est gênée. Oui, certains le font certainement dans la réalité, mais dans le film je n'ai parfois vu QUE ça. Ça et ses cicatrices pour lesquelles ont fait tout un plat alors qu'elles sont peu visibles. Certes, il est question de son vécu, de sa douleur etc. mais l'impact sur le physique est tellement mis en avant que ça donne une impression d'inachevé. Je ne pense pas qu'il ne s'agisse que de moi, les cicatrices sont souvent atténuées pour les personnages principaux dont le potentiel glamour est essentiel, je prends pour exemple au hasard ce cher Joffrey de Peyrac ou ce malheureux Fantôme de l'Opéra, tous les deux défigurés mais carrément séduisants au cinéma. Donc en effet, lorsqu'on nous décrit une cicatrice suite à un impact de coup de fusil je m'attendais à autre chose de plus parlant. 

Bilan des courses : encore un film avec beaucoup de potentiel qui m'a laissée sur ma faim, mais qui montre que les petite production n'ayant pas bénéficié d'une grosse promotion peuvent aussi valoir le coup, qu'on peut faire de chouettes découvertes dans le monde du direct to DVD, quoique maintenant il s'agit plutôt du direct to Netflix ou encore du téléchargement Amazon. N'hésitez pas à jeter un coup d’œil à ce film dont le rôle principal vaut quand même le détour, interprété par un jeune mannequin d'aujourd'hui 19 ans qui verra peut-être sa carrière ciné monter dans les années à venir.

samedi 4 novembre 2017

Stranger Things - Saison 2 (2017)


Saison 2 - 2017
9 épisodes

Back to Hawkins...
Un an a passé depuis l'attaque du Demongorgon et la disparition d'Onze (Eleven). Will Byers a des visions du monde à l'envers (Upside Down) ainsi que d'une créature terrifiante dont il semble qu'elle veuille atteindre notre monde.

... and the Upside Down.

Dans la première saison, les personnages cherchent chacun de leur côté un moyen de retrouver Will, prisonnier du monde à l'envers. Dans cette suite, ils essaient d'empêcher ce monde d'envahir le leur. On aurait pu ressentir une impression de déjà vu, avec ce même salon (et le reste de la maison!) envahis à nouveau mais de toute autre manière, pourtant la mayonnaise prend. Parfaitement.
C'est un réel délice que de suivre les aventures de cette bande de gosses qu'on a appris à connaître et auxquels on s'est attachés. D'ailleurs, on laisse de temps à autres Mike de côté pour en apprendre plus sur Dustin et Lucas. Dommage en revanche qu'on ne puisse jamais vraiment savoir QUI est Will, qui passe du garçon disparu au garçon possédé, mais cela se fera certainement par la suite.
C'est toujours un plaisir de voir Joyce, parfaitement campée par Winona Ryder, en mère attentionné, un brin paranoïaque et obsessionnelle qui se révèle ici plus réfléchit et courageuse, une vraie battante qui a décidé de faire la peau à tout ce qui pourrait entraver la paix de son foyer (non, sérieux elle est flippante mais en bien!).

Hopper est toujours attachant en homme meurtris par la perte de sa fille, surtout dans le lien qui se crée avec Onze qui m'a émue à plus d'un titre. En revanche je ne compte plus le nombre de baffes que j'ai voulu coller à Nancy! Certes, elle est malheureuse, se sent coupable et vit mal les récents évènements mais ça ne lui donne pas le droit de faire tourner en bourrique les deux gentils garçons qui se meurent d'amour pour elle et qu'elle semble vraiment prendre pour des truffes! Steve n'a d'ailleurs cessé de monter dans mon estime. Bien qu'il ne soit pas toujours très fin, il est honnête et brave, cela n'a pas de prix. Face à Jonathan qui reste mignon comme tout mais un peu effacé et passif, il finit par devenir plus intéressant à suivre dans cette aventure.


Ah, mais j'oubliais! Il y a des petits nouveaux...
Sans rien vous spoiler, j'ai eu un gros coup de cœur pour Sam Gam... euh Bob Newby! Sérieux, vous en avez vu souvent des types comme ça? Gentil, généreux, dévoué, courageux... Bref, un condensé d'amour. Et concernant Max, j'ai trouvé cool d'intégrer une fille à la bande, même si son arrivée n'est pas du goût de tout le monde ce qui, au passage, est assez crédible dans ce contexte-là. Et son frangin, inutile de préciser qu'il m'a fait mourir de rire durant une scène du dernier épisode après m'avoir hérissé les poils durant toute la saison, comme quoi on peut toujours être surpris. 

J'aime toujours autant, voire plus, le personnage de Onze. L'amour qu'elle porte aux personnes qui lui sont chers ne cesse de m'émouvoir. Elle doit vaincre ses propres démons, et c'est cet amour qui lui donne le courage d'affronter tous les dangers quoi qu'il arrive. Elle va vivre différents évènements, différentes rencontres, qui de prime abord peuvent sembler inutiles ou ne pas faire avancer la série et pourtant ils vont l'aider à grandir et comprendre ce qui l'importe réellement, ce qui lui est essentiel.

Chaque épisode ne cesse d'enchainer les références au cinéma des années 80 et c'est toujours un plaisir que de les desceller une à une, des plus frappantes aux plus discrètes, de E.T. à Les maîtres de l'univers et passant par Rencontre du troisième type ou encore Retour vers le future et les Gremlins.

En clair, la saison 2 de Stranger Things tient ses promesse avec une qualité toujours irréprochable, des personnages attachants et hauts en couleur qui évoluent dans un monde des plus menaçants dont on en apprend un peu plus à chaque épisode (même si, avouons-le, tout cela reste bien obscur...). On passe encore par toute une palette d'émotions dont on a du mal à se remettre tant on a l'impression de vivre cette histoire à laquelle on assiste. C'est doux, drôle, triste voire déchirant, et toujours captivant.
L'attente de la saison 3 va sembler longue et pénible mais il est certain que le public sera prêt, quoi qu'il advienne!

dimanche 29 octobre 2017

Thor : Ragnarok (2017) - Taika Waititi


Depuis quelques temps, c'est toujours à reculons que je vais au cinéma voir les nouveaux films de super-héros. Les Avengers et compagnie, ça m'a souvent gonflée. D'ailleurs on remarque la petite intervention de Doctor Strange (que j'avais beaucoup aimé!) qui passe par là sans apporter grand chose mais qui fait sa petite pub l'air de rien. Et là... quelle bonne surprise! Non Thor : Ragnarok ne casse pas les codes pour nous ouvrir les portes d'une nouvelle ère mais il faut bien l'avouer, j'ai passé un excellent moment! 

Déjà, Thor, à la fois super-héro et personnage mythologique est un numéro comique à lui seul. Il ne se prend pas au sérieux mais tout a été bien dosé pour qu'on ait pas l'impression de le voir devenir une bête de foire (l'humour c'est bien, mais c'est comme le bon vin, il ne faut pas non plus en abuser, hein!).
Je suis toujours fan de Loki, ou plutôt de son interprète, Tom Hiddleson (oui je craque pour les types maigres et blafard, chacun son truc). C'est un vrai méchant, lâche et manipulateur jusqu'au bout, enfin un qui tient ses engagements! 
Je regrette un peu que Bruce Banner ou plutôt Hulk ne soit plus une créature de colère mais un gros truc maladroit et un peu crétin. Je trouve ce personnage mal exploité, juste pour casser des trucs et faire rire, mais je parle en tant que fan de la première heure du film avec Eric Bana alors pardonnez la guimauve. Mark Ruffalo est parfait pour ce rôle mais c'est bien triste de ne pas plus le voir.
Toujours est-il que j'ai a-do-ré le personnage de la Valkyrie (bon, par contre, elle a un nom? l'actrice, elle c'est Tessa Thompson). Une femme belle et badass qui au début ne sert que ses intérêts noyant sa tristesse dans l'alcool avant de reprendre les armes et se battre pour ce en quoi elle croit, yes! 
Et bien sûr on a Cate Blanchett, que j'ai eu du mal à reconnaitre en Hela démoniaque. La concernant, rien de bien neuf sous le soleil, hein. Vengeance, cruauté, pouvoir et confettis mais elle le fait bien et son personnage tient la route donc pour moi c'est bon. 

Encore un grand ouahou aux effets spéciaux! On nous sert un univers coloré qui rappelle celui des Gardiens de la Galaxie et les scènes de combats sont rudement bien menées pour nous en mettre plein les yeux. En gros c'est drôle, beau et divertissant, on en demande pas plus à Thor qui tients ses promesses!

Attachement - Rainbow Rowell


// Éditions Milady (Central Park) // 480 pages //
Lincoln, gentil geek aux faux airs d’Harrison Ford, travaille dans une entreprise où son rôle consiste à contrôler les e-mails des employés. C’est ainsi qu’il parcourt les échanges de Jennifer et Beth, deux copines aussi impayables qu’attachantes. Sans même l’avoir vue, Lincoln va tomber amoureux de Beth. Mais comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou ?

Y a-t-il des fans de Rainbow Rowell dans l'assistance? Sachez qu'il s'agit de son premier roman!
Attachement alterne entre mails que s'adresse deux copines et narration externe centrée sur Lincoln. C'est drôle et frais, touchant et même troublant de vérité. La prose de l'auteure est un régal! Ce n'est pas tant pour le récit lui-même que pour le plaisir de chaque phrase que l'on continue, tournant les pages sans même s'en rendre compte. 
Il faut aussi avouer que c'est terriblement romantique, cette idée de tomber amoureux sans même avoir rencontré l'élu de son cœur, non? Et quand au comportement voyeur de Lincoln, il n'est pas présenté comme anodin et notre héro en est même bien plus mal à l'aise que nous.
En somme, on a droit à un joli livre qui fait du bien au même titre que ces comédies romantiques dont on ne cesse de se délecter, tout en gardant un minimum de cohérence, en proposant des personnages originaux et même carrément particuliers mais tout à fait crédibles, ce qui n'est pas de trop!
Le joyeux trio Beth/Jennifer/Lincoln m'a émue et je m'y suis terriblement attachée. Leurs aventures ne sont pas toujours heureuses, mais les épreuves traversées laissent un goût doux-amer, avec ce sentiment que malgré tout de belles choses arriveront.

Un sans faute pour moi qui ai le plaisir d'avoir lu presque tous les titres de Rainbow Rowell (il ne me manque qu' A un fil!). Je ne m'attendais à rien de particulier au vu du résumé et j'ai passé un excellent moment de lecture, le sourire aux lèvres dans le RER dès le matin sur le chemin du boulot.

Je vous le recommande chaudement si vous avez besoin d'une lecture tout en rire et en douceur.

mardi 24 octobre 2017

[ Le ciné-club de Potzina ] Octobre 2017 // Ailleurs et loin d'ici : Labyrinthe (1986) - Jim Henson

Introduction
Potzina, dans son super blog, avait instauré une formidable tradition bloguistique, le ciné-club. Tous les mois, elle proposait un thème cinématographique et invitait tous les blogs qui le voulaient à choisir un film correspondant au thème et à le présenter sur son blog. A la fin du mois, Potzina proposait de découvrir l'ensemble de ces posts en publiant les liens sur son blog. [...] Du coup, quand elle a annoncé que par manque de temps, elle ne pouvait plus le prendre en charge, on était plusieurs à se dire qu'on aimait trop ce concept pour le voir dépérir et qu'il était temps maintenant de relayer tous ensemble le formidable travail qu'elle avait commencé. Voici ce que l'on vous propose: poursuivre le Cinéclub de Potzina dans les mêmes principes, sauf qu'au lieu de laisser à Potzina le soin de s'occuper seule de proposer un thème et de regrouper les articles en fin de mois, on s'est dit que ce serait bien que ce soit un blogueur différent chaque mois, sur la base du volontariat.

Ailleurs et loin d'ici
Labyrinthe est un film de Jim Henson (The Muppet Show, Dark Cristal) réalisé en 1986. Pourquoi avoir choisit ce film? Alors que je cherchais un titre adapté au thème du mois, j'ai tourné la tête vers ma bibliothèque sur laquelle trônait un Funko Pop de Jareth, l'évidence s'est présentée d'elle-même. 
Dans Labyrinthe, Sarah est une jeune femme rêveuse, qui souhaite instiller un peu de magie dans son quotidien morne où elle est contrainte de garder son insupportable demi-frère, Toby. Alors qu'elle lui conte la terrifiante histoire du roi des gobelins pour l'aider à s'endormir, Sarah décide de faire taire ses pleurs par une phrase dont elle ignore le réel pouvoir et qui va pourtant le condamner et l'emporter au loin vers un monde dans lequel règne Jareth. Ce dernier passe un marché avec Sarah : elle pourra récupérer son petit frère si elle parvient à atteindre le centre de son labyrinthe en treize heures seulement.
Ce film est doté d'une ambiance si particulière, à la fois mystérieuse, fascinante et inquiétante. Sarah est une adolescente tout ce qu'il y a de plus normal, avec ses espoirs et ses incertitudes, ce perpétuel sentiment d'être incomprise et la frustration de ne pas obtenir ce qu'elle désire. Cette phrase était peut-être une erreur, pourtant c'est celle-ci qui va lui faire accéder à son souhait le plus cher, lui faire vivre une aventure incroyable dont elle est l'héroïne. 


Cette fille solitaire va faire des rencontres, devoir s'allier à des créatures incroyables, faire confiance à des monstres étranges, se défendre contre d'autres et vaincre le Roi des Gobelins, dont l'attirance qu'il éprouve pour elle, pareillement à l'histoire de son livre, ne fait aucun doute. 
C'est un bonheur sans cesse renouvelé que de voir à l'écran une toute jeune Jennifer Connelly dont on ne sait si la fabuleuse épopée qu'elle vit résulte du rêve ou de la réalité. Et que dire de David Bowie en Roi des Gobelins charismatique et intrigant à souhait? Sans compter cette musique enchanteresse et ces chansons composées par l'artiste qui a donné de sa personne tant dans l'élaboration de la bande son que dans le look de son héro.

Labyrinthe fait partie de ces films dont on n'est plus certains de les avoir réellement vécus ou juste imaginés, mais qu'importe? La seule chose qui compte, c'est ce sentiment d'évasion qui nous envahit, ce moment durant lequel tout est possible, alors que la fiction prend le pas sur notre monde si terre à terre. 
Clap de fin
Que ce soit par nostalgie des années 80, une certaine fascination pour les films fantasy, par admiration pour le casting, par amour pour le réalisateur ou encore la folie des marionnettes, par curiosité vis-à-vis des costumes  absolument sublimes ou l'envie de connaître absolument TOUTES les chansons de David Bowie, à moins que ce ne soit que pour la science et votre culture personnelle... vous trouverez une bonne raison de regarder Labyrinthe, ce film culte pour certains mais tristement laissé pour compte qui gardera éternellement une place dans le cœur de ceux qu'il a su transporter.

Liar - Saison 1 (2017)


Saison 1 - 2017
6 épisodes

Laura Nielson vient définitivement de rompre avec Warren Brown. Ils ont vécu des années ensemble mais savaient depuis longtemps qu'il n'étaient pas faits pour vivre une palpitante histoire d'amour, aussi la séparation se fait sans heurt, se laissant chacun une place dans le cœur de l'autre. Dans cette petite ville, tout le monde sait tout sur tout le monde. Aussi, Andrew Earlham qui avait depuis longtemps remarquée la sœur de sa collègue, Katy Sutcliffe, et saute sur l'occasion pour lui proposer un rendez-vous que Laura accepte. Le diner se déroule à merveille, la complicité entre eux est palpable et tous deux se retrouvent, par un concours de circonstances, à terminer la soirée chez Laura. Pourtant, le lendemain, tout bascule. Alors qu'Andrew lui envoie un message pour la remercier de ce moment, Laura porte plainte pour viol.
Les premiers épisodes de Liar m'ont laissé un souvenir palpitant, empreint de questionnements et de constante remise en question. Laura et Andrew sont tous deux présentés aussi persuadé l'un que l'autre de sa propre innocence, terrifié par cette situation à laquelle ils sont confrontés. 
L'une a été abusée sexuellement, sans possibilité de fournir la moindre preuve, sans aucun souvenir assez précis pour décrire ce qui lui est arrivé. L'autre est accusé de viol, attaqué de toute part via les réseaux sociaux et regardé de travers sur le lieu de son travail. Qui est menteur, qui est victime?


La première moitié du la série est rudement bien menée, nous faisant douter à chaque instant, changer d'opinion à la moindre parole, accuser à notre tour l'un ou l'autre. On découvre ainsi certains mécanismes ancrés dont on n'arrive pas à se défaire. Voyez plutôt Laura, connue pour des antécédents dépressifs avec prise de traitements, ayant déjà porté plainte pour harcèlement sexuel sans que l'affaire n'ait connu de suite. On hésite : a-t-elle véritablement été abusée? N'a-t-elle pas tout oublié ou imaginé, la faute à des troubles dont elle n'a pu se débarrasser? Et Andrew n'est pas en reste. Il est chirurgien, veuf, soit un homme de pouvoir habitué à obtenir tout ce qu'il souhaite, sans compter que la mort de sa femme est des plus mystérieuses, et cet homme est bien trop souriant pour être honnête. N'y a-t-il pas assez de viols non reconnus pour qu'on laisse passer celui-là?


Tant de questions qui se posent et font bouillonner notre petit cerveau. Finalement, la réponse ne se fait pas attendre et c'est assez décevant de constater quand dans nos hypothèses, il y en avait bien une de vraie. La quête n'aura pas tant duré, et les explications se succèdent bien vite, assez évidente et la solution finale arrive comme un miracle tombé du ciel.

Petite déception, donc, pour cette série qui aurait pu nous offrir un scénario surprenant et inattendu pour finalement nous servir une histoire tristement ancrée dans la réalité, qui a bien malheureusement du se produire de manière semblable maintes et maintes fois. Je précise néanmoins que cette série vaut le détour car même si on est un peu léger niveau suspense et révélations, le sujet lui-même a le mérite d'être traité avec un réalisme frappant. Aussi, c'est le déroulé nous confronte violemment à cette situation où la victime est seule détentrice de la vérité, que personne ne la croit totalement, qu'elle n'a d'autre moyen que partir à la recherche de preuves permettant que justice soit faite. Un sujet tristement actuel qui permettra peut-être de faire réfléchir ceux qui restent perpétuellement sceptiques face aux accusations accablantes qui tombent chaque jour et demeurent presque ignorées, comme un fait divers dont personne ne se soucierait.

La mini-série désormais devenue saison 1 se termine par un cliffhanger qui amène à une nouvelle enquête, on retrouvera donc nos personnages dans une saison 2 prévue pour 2019. Je ne suis pas encore certaine de vouloir continuer, mais peut-être changerai-je d'avis d'ici là?

Mon avis plus détaillé et plein de jolis spoilers sur Just About TV est ICI.